ZAD : l'Etat prépare la régularisation

Pierre Vaugeois
Janvier 23, 2018

Les experts cités par Christophe Castaner ont certes conclu à la faisabilité d'un agrandissement de l'aéroport actuel de Nantes. Les quatre décennies de mésaventures du projet de l'aéroport du Grand Ouest nous apportent déjà des enseignements.

Si la décision du gouvernement d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes (Loire-Atlantique) a tantôt été saluée, tantôt critiquée par l'ensemble de la classe politique, les Français semblent en revanche unanimes et saluent cet abandon. Enfin, il y a eu la gestion des dernières semaines, la centaine d'élus locaux et autres acteurs du territoire reçus par le Premier ministre, la visite surprise qu'il a effectuée sur place, il y a dix jours, pour "entendre" et pour "voir", surjouant le sérieux, l'écoute et l'ouverture d'esprit. Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d'accompagner le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, une des villes françaises à la plus forte croissance. "La seule obsession que nous avons maintenant est de faire réussir une décision qui a été très difficile à prendre", affirmait jeudi Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire.

La libération des routes traversant la zone de Notre-Dame-des-Landes a fait débat au sein du mouvement anti-aéroport.

En juin 2016, une "consultation non contraignante" avait été organisée et 55,17% des électeurs de Loire-Atlantique s'étaient prononcés en faveur de la construction de l'aéroport.

En ajoutant l'estimation d'Elisabeth Borne (450 millions d'euros) et une telle indemnisation, le coût total de l'abandon du projet s'élèverait à 800 millions d'euros. L'annonce de l'évacuation des "squatteurs" a un rôle précis: contrebalancer par des paroles martiales l'impression de faiblesse que peut donner la décision d'abandon du projet.

Le Premier ministre Édouard Philippe avait sommé mercredi 17 janvier les opposants de rendre les routes bloquées "à la libre circulation de tous", faute de quoi les forces de l'ordre "procéderont aux opérations nécessaires". Dans les faits, les agriculteurs et les zadistes les plus modérés se sont chargés de remettre en état la D281, la "route des chicanes", en démantelant tous les obstacles qui y avaient été dressés. "On va se battre pour que tout le monde puisse rester ici et on va continuer à construire nos vies ici", affirmait une occupante de longue date de la ZAD, tandis que d'autres zadistes annonçaient dès mercredi soir leur départ "vers d'autres luttes", avant le printemps.

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