Airbus, les bénéfices conséquents restent plombés par l'A400M

Xavier Trudeau
Février 15, 2018

Le bénéfice d'exploitation (Ebit) ressort à 3,4 milliards d'euros avec des ajustements de -832 millions d'euros contre -1,7 milliard en 2016.

L'annoncé du départ, fin 2017, de celui qui était également le numéro deux d'Airbus, a laissé les coudées franches à Tom Enders pour achever la transformation du groupe d'ici la fin de son mandat, qui ne sera pas renouvelé en avril 2019. L'avionneur européen fait le bilan financier pour l'année 2017: un bénéfice net triplé et un chiffre d'affaire stabilisé. Les analystes financiers interrogés par Reuters avaient anticipé en moyenne un résultat de 3,996 milliards d'euros et des ventes de 67,343 milliards.

"Nous avons surpassé tous nos indicateurs clés pour 2017, grâce à de très bonnes performances opérationnelles, en particulier au dernier trimestre", s'est félicité Tom Enders, le président exécutif, cité dans un communiqué.

Le président exécutif d'Airbus a annoncé jeudi des discussions avec ses fournisseurs en vue d'une nouvelle hausse des cadences de production des avions de la famille A320, ceux que le groupe vend le plus, exhortant au passage les motoristes à tenir leurs engagements après des retards."Si on regarde la demande accumulée et le carnet de commandes, nous devons aller vers un rythme de 70 (avions par mois), ce vers quoi nous tendons".

"En dépit de problèmes persistants sur les moteurs de l'A320neo, nous avons poursuivi la montée en cadence de la production et avons finalement livré un nombre record d'appareils", a-t-il souligné.

Ces bonnes nouvelles ne doivent pas masquer une nouvelle charge de 1,3 milliard d'euros liée à l'A400M, son projet d'avion de transport militaire européen. Il avait déjà coûté 2,2 milliards d'euros en surcoûts en 2016.

Cette progression, qui porte à 12% les gains de la valeur depuis le début de l'année (contre -1,5% pour le CAC 40 sur la période), intervient malgré la possibilité évoquée par le groupe de voir l'enquête menée en France et en Grande-Bretagne sur des soupçons de corruption dans l'aviation civile être étendue aux Etats-Unis. "Leur impact sur les livraisons de 2018 est en cours d'évaluation".

"Concernant l'A400M, nous avons amélioré la situation en matière industrielle et capacitaire, et convenu d'une remise à plat contractuelle avec les clients gouvernementaux qui devrait sensiblement réduire les risques résiduels du programme", a-t-il souligné. En octobre, dans un cas distinct, Airbus avait dit avoir informé les autorités américaines d'inexactitudes sur des contrats d'exportations d'équipements militaires et de services associés.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL