" "Edouard Philippe annonce des " réflexions intenses " et cinq priorités — Système de santé

Claudine Rigal
Février 15, 2018

Edouard Philippe envisage ainsi plusieurs options, de la suppression du "numerus clausus" à l'augmentation du quota d'étudiants admis en deuxième année. Un diagnostic partagé avant une opération "globale, cohérente, méthodique". Il faudra attendre la feuille de route de la réforme, promise d'ici trois mois par le Premier ministre, pour savoir si le "grand soir" du système de santé sera concrètement à l'ordre du jour de ce quinquennat. "Nous pourrions essayer de corriger deux ou trois choses ici ou là", mais "les Français ont conscience que le temps des rafistolages est révolu", a-t-il expliqué lors d'un déplacement à Eaubonne (Val-d'Oise).

De mars à mai, le gouvernement entend multiplier les concertations et consultations, y compris sur internet. Notre système de santé et nos hôpitaux sont de grands malades cumulant déficits excessifs, conditions de travail déplorables et offres de soins défaillantes.

Alors que, selon la Cour des Comptes, un tiers des hôpitaux publics sont en "endettement excessif", Emmanuel Macron et Edouard Philippe veulent mener à bien la réforme santé "à moyens constants" en éliminant entre autre une proportion importante d'actes "inutiles" dus à la fois aux dérives de la T2A et aux défaillances de l'ensemble du parcours de soins. Leurs travaux devront aussi tenir compte d'indicateurs de qualité commandés à la Haute autorité de santé (HAS) et englober les médecins et paramédicaux libéraux. Ils devront remettre leurs propositions d'ici l'été 2018.

Dans l'immédiat, toutefois, les tarifs des hôpitaux "seront en baisse" à nouveau cette année, a annoncé le Premier ministre.

Sur ce point comme sur d'autres, le gouvernement s'inscrit dans les pas de ses prédécesseurs. "Les bonnes intentions ne sont pas suivies d'effet", a regretté le président de la fédération des établissements privés (FHP), Lamine Gharbi, dont "l'inquiétude reste très forte".

Aussi, certaines orientations sont confirmées: qu'il s'agisse des regroupements d'hôpitaux (qui seront "approfondis "), du "virage ambulatoire ", de la modification de la T2A ou encore de l'instauration d'un service sanitaire pour les étudiants en santé.

Toujours au registre des réformes poursuivies, l'exécutif veut "accélérer le virage numérique" dans la santé et a déjà promis en octobre d'y consacrer 5 milliards d'euros dans le cadre de son Grand plan d'investissement. Le gouvernement y intègre également la généralisation du dossier médical partagé (DMP) et l'essor de la télémédecine. 4.

Agnès Buzyn et sa collègue de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal devront aussi se pencher "sur l'avenir des épreuves classantes nationales qui précèdent l'internat" des étudiants et décident de leur spécialisation. "Pour conduire cette réforme d'ampleur, elle bénéficiera d'une enveloppe budgétaire de 100 millions d'euros par an, " en plus " du budget de l'assurance-maladie, ce qui " donnera un peu de marge pour accompagner les initiatives", a précisé le chef du gouvernement. Ces deux sujets feront l'objet de "mesures législatives dès le début de l'année 2019", a assuré le Premier ministre.

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