France: mieux intégrer les réfugiés, l'ambition d'un rapport dévoilé ce lundi

Claudine Rigal
Février 20, 2018

Le député prône donc un meilleur accès à l'emploi des étrangers "dans les secteurs sous tension " (restauration, bâtiment...) qui ont traditionnellement besoin de main-d'œuvre, mais pas seulement, explique Aurélien Taché dans son rapport qui veut aussi mettre l'accent sur les profils diplômés ou à forte compétence. Les cours de français, dont les demandeurs d'asile peuvent bénéficier entre 50 et 200 heures selon leur niveau de départ, pourraient ainsi être doublées, voire triplées. La question se pose avec une acuité particulière, alors que le gouvernement dévoilera mercredi les contours du texte Asile-Immigration de Gérard Collomb. Il propose plusieurs pistes dont la plus en vue est l'autorisation de travailler pour les demandeurs d'asile au bout de six mois.

Les grandes lignes du projet de loi pour "une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif" ont déjà été dévoilées par le Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigrés et des immigrées), qui dénonce une logique "répressive". Les "propositions ambitieuses " du rapport "pourront alimenter le projet de loi ", avait promis en janvier 2018, Emmanuel Macron.

Pour faciliter l'intégration, le député LREM propose de partir du Contrat d'intégration républicaine (CIR), dispositif associant langue et formation civique, mais en doublant le volume de cours "à 400 heures minimum", voire "600 pour les publics les plus éloignés du français".

Pour améliorer les choses, Aurélien Taché préconise de démarrer l'apprentissage du français dès le dépôt de la demande d'asile. Coût de la mesure: 150 millions d'euros. "Les périodes d'attente de l'instruction des demandes d'asile constituent aujourd'hui des mois d'inactivité extrêmement préjudiciables pour les demandeurs d'asile comme pour la société française", souligne-t-il.

Pour "connaître la France et s'approprier les valeurs civiques", le rapport propose de porter à 60 heures (au lieu de 12) la partie civique. "Partenariats avec les grandes entreprises " Convaincu de la nécessité d'une insertion professionnelle "la plus précoce possible ", M. Taché propose aussi d'offrir aux nouveaux venus "un accompagnement global, incluant notamment l'accès au logement et à l'emploi, d'une durée moyenne d'un an ".

Concernant l'hébergement des réfugiés, le parlementaire se dit favorable au rétablissement de la prime de 1 000 euros versée aux communes proposant un logement et de "créer un crédit d'impôt solidarité" pour les personnes hébergeant gratuitement l'un de ces étrangers. "Aujourd'hui, seulement un primo-arrivant sur trois est dans l'emploi, cinq ans après son arrivée", constate l'auteur du rapport. À terme, les critères d'octroi de la nationalité seraient révisés " pour tenir compte de la motivation des candidats, davantage que de leur durée de résidence ". Après avoir affiché l'intégration des étrangers comme une priorité pendant sa campagne, le chef de l'Etat mise sur les recommandations d'Aurélien Taché pour donner un visage plus social à sa politique migratoire, critiquée pour sa " dureté " dans le monde associatif et intellectuel, et jusque dans les rangs de la majorité. Aurélien Taché plaide également pour bousculer les dogmes, notamment sur les statistiques ethniques, puisqu'il suggère que les services publics se dotent de "données objectives sur la nationalité", et que le recensement intègre "une question sur la nationalité des parents".

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