Les smartphones chinois Huawei inquiètent le FBI et la CIA

Xavier Trudeau
Février 15, 2018

De son côté, Huawei a évidemment tenu à rassurer ses (nombreux) adeptes. Les directeurs de six d'entre elles appellent même au boycott.

Non seulement Huawei, mais aussi le fabricant ZTE sont deux entreprises chinoises accusées par la direction des six agences américaines de renseignement et de sécurité d'être trop proches du gouvernement de Pékin et, de ce fait, découragent l'utilisation de leurs produits et services par les Américains, - ne recommandation émise hier pendant les auditions du Sénat responsable du renseignement.

Huawei, l'entreprise chinoise qui se classe comme " le troisième plus gros vendeur de smartphones au monde " selon les Échos, n'inspire pas confiance à l'État américain.

Autre élément à charge pour le fabricant, le fait que Huawei ait été fondé par Ren Zhengfei, un homme qui a travaillé comme technicien militaire auprès de l'Armée Populaire de Libération (APL). Le directeur du FBI, Chris Wray, a affirmé être "profondément préoccupé par les risques de permettre à toute entreprise ou entité qui est redevable à des gouvernements étrangers qui ne partagent pas nos valeurs d'accéder à des positions de pouvoir dans nos réseaux de télécommunications" en expliquant que cela pourrait donner à ces entreprises "la capacité d'exercer une pression ou un contrôle sur notre réseau de télécommunication et de modifier ou de voler des informations de manière malveillante". C'est pour cette raison qu'en 2014, Huawei avait été écarté d'appels d'offres publics. Si la firme marche aujourd'hui sur les talons d'Apple et de Samsung, elle ne vend toujours pas ses produits sur le sol américain. Il s'agit de l'un des objectifs que s'est fixés Huawei cette année, voyant les États-Unis comme un nouveau levier de croissance pour ses activités. Cela a été vécu comme une défaite par Richard Yu, directeur général de Huawei, qui a aussi parlé de "perte encore plus grosse pour les consommateurs" lors du dernier CES.

Ce sont des pressions politiques qui - selon Reuters - avaient été à l'origine du changement d'avis d'AT&T à la dernière minute. Kenneth Michael Conaway, républicain élu au Texas à la Chambre des représentants, essaie même actuellement de faire passer son Defending U.S. Government Communications Act, une loi qui interdirait notamment aux employés des organisations gouvernementales américaines d'utiliser des téléphones fabriqués par Huawei et ZTE.

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