Migrations: happy end pour "l'enfant de la valise" ivoirien

Claudine Rigal
Février 20, 2018

Il lui est reproché d'avoir "facilité l'entrée irrégulière en Europe de son enfant en mettant sa vie en danger ". "Je n'allais pas trafiquer avec mon propre enfant", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Ali Ouattara, 45 ans.

Le 7 mai 2015, à un poste frontière de Ceuta, une valise rose que traînait difficilement une jeune fille marocaine avait été soumise au contrôle du scanner. Les gardes civils, stupéfaits, avaient alors vu apparaître la silhouette d'un enfant recroquevillé en position fœtale. Ce dernier, du nom de Adou est sain et sauf.

Les magistrats n'ont visiblement pas souhaité harceler l'enfant qui avait toujours rêvé de rejoindre ses parents en Espagne et a clairement disculpé son père.

Les passeurs avaient promis d'amener le mineur "par avion" d'Abidjan à Madrid avant d'annoncer qu'il passerait "en voiture" par Ceuta, selon lui.

"Pour nous, c'était une obligation que l'enfant vienne coûte que coûte: on ne pouvait pas vivre sans lui, on y pensait sans arrêt", répète Ali. Ex-professeur de philosophie et de français à Abidjan, Ali était lui-même arrivé clandestinement en Espagne en 2006 à bord d'une embarcation de fortune. Il ne manquait plus que le petit Adou resté en Côte d'Ivoire, pour que la famille soit réunie.

L'enfant a dit qu'il avait été mis dans la valise par "une fille marocaine" et qu'il ne respirait "pas très bien" dans la valise.

L'homme a donc recours à des passeurs pour faire venir son fils.

"L'administration espagnole m'avait refusé quatre fois sa venue", plaide-t-il.

Écroué durant un mois en 2015, Ali vit dans le nord de l'Espagne, avec interdiction de quitter le pays.

L'enfant devrait revenir à Ceuta pour le procès. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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