Sans retombées économiques, l'accord sur le nucléaire est menacé — Iran

Claudine Rigal
Février 23, 2018

L'Iran reste dans les limites fixées par l'accord de juillet 2015 sur son programme nucléaire.

Un haut responsable iranien a déclaré jeudi que Téhéran pourrait choisir de se retirer de l'accord nucléaire conclu en 2015 avec six puissances mondiales (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) si les grandes banques internationales et les entreprises étrangères ne développaient pas davantage leurs échanges avec l'Iran, pointant la responsabilité des Etats-Unis.

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L'Iran pourrait se retirer de l'accord s'il n'en tire pas d'avantages économiques.

Donald Trump a maintenu le 12 janvier à contrecoeur, et pour la dernière fois, la levée des sanctions dont bénéficie l'Iran. Si la même politique de confusion et d'incertitude se poursuit, si les entreprises et les banques ne travaillent pas avec l'Iran, nous ne pourrons pas demeurer dans un accord qui n'a aucun bénéfice pour nous. L'accord sur le nucléaire iranien est critiqué sans relâche par le président américain Donald Trump, qui réclame d'amender le texte en contrepartie du renouvellement en mai du dispositif d'allègement des sanctions visant Téhéran.

Araghchi a également rejeté l'opinion des Etats-Unis et d'Israël, selon lesquels l'accord ne restreignait pas l'Iran concernant ses activités nucléaires. Bien que l'administration américaine et Trump parlent d'une "sunset clause" et disent que le JCPOA n'est que pour dix ans, cela n'est pas vrai.

Araghchi a rejeté la demande de Trump d'aborder d'autres questions dans le cadre de la poursuite de l'accord nucléaire - et notamment d'aborder la question du programme de missiles balistiques en plein essor du pays.

Téhéran a contre-attaqué début février en accusant Washington de " violation du TNP", le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, après que les États-Unis eurent annoncé qu'ils voulaient se doter de nouvelles armes nucléaires de faible puissance.

" Pour les Européens et la communauté internationale, quand on parle de maintenir le PGAC et de le sauver, ce n'est pas un choix entre le marché iranien ou américain, ce n'est pas un choix de coopération économique: c'est un choix entre sécurité ou insécurité", a-t-il ajouté.

"Ce satisfecit, attendu, intervient à moins de trois mois de la fin d'un ultimatum fixé par M. Trump pour " remédier aux terribles lacunes " de l'accord, que pendant sa campagne électorale il avait menacé de " déchirer", au grand dam des alliés des États-Unis.

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