Un accident médical reconnu à Bordeaux — Pilule contraceptive

Evrard Martin
Février 15, 2018

La jeune femme, handicapée à la suite d'un accident vasculaire cérébral, avait lancé l'alerte sur le risque thrombo-embolique des pilules contraceptives de dernière génération.

"Si nous pouvons être satisfaits du lien d'imputabilité reconnu pour la première fois par un tribunal, il est cependant décevant de constater l'absence de toute condamnation à l'égard du laboratoire", a réagi dans un communiqué l'avocat de Marion Larat, Me Jean-Christophe Coubris. Dans son jugement du 8 février, le tribunal de grande instance de Bordeaux a reconnu l'"accident médical" de la Bordelaise, sans pour autant reconnaître "la faute" du Laboratoire Bayer.

Ce lien de cause à effet vient d'être reconnu par la justice. Mais le tribunal dit aussi que le laboratoire n'est pas responsable des conséquences du produit qu'il a fabriqué et commercialisé.

C'est une première victoire judiciaire pour Marion Larat, lourdement handicapée après l'AVC dont elle a été victime en 2006; AVC qu'elle impute à la pilule de 3e génération.

Dans un document publié en octobre 2017, intitulé "Faut-il vraiment avoir peur de la pilule contraceptive", le Collège national des gynécologues-obstétriciens de France rappelle " la nécessité d'une consultation médicale avant toute prescription d'estroprogestatifs à la recherche de tous les facteurs de risque personnels et familiaux de pathologie thrombotique artérielle ou veineuse ". Depuis, plus d'une centaine de plaintes, de femmes qui utilisaient ce contraceptif, avaient été déposées.

Pour la jeune femme, le combat ne s'arrête donc pas là.

Trois plaintes avec constitution de partie civile pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine" visant le laboratoire Bayer et l'ANSM ont été déposés depuis devant le pôle de santé publique du TGI de Paris entraînant la désignation d'un juge d'instruction.

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