Glyphosate : Nicolas Hulot envisage des "exceptions" à la sortie en trois ans

Claudine Rigal
Mars 2, 2018

Nicolas Hulot, qui a pourtant milité avec ardeur pour l'interdiction du glyphosate en trois ans, s'apprêterait-il à reculer sur la question? "Il a reconnu le travail et il a dit 'nous ne vous aurions pas bousculé il y a trois-quatre mois, peut-être ne seriez-vous pas allés aussi vite', je lui ai répondu que nous avions commencé ce gros travail avant les hostilités sur le glyphosate (.) Nous avons commencé ce gros chantier avec 35 partenaires en juin de l'an dernier, nous voulions être prêts pour les États généraux de l'alimentation", clos en décembre dernier, a-t-elle affirmé. Au sujet du glyphosate, celui qui ne se rendra pas au Salon de l'agriculture ouvert depuis samedi, ajoute, en guise de nouvel objectif: "Si on arrive à se passer du glyphosate à 95%, on aura réussi".

"On est en train de recenser les alternatives qui existent et de leur donner les moyens de faire leurs preuves. Mais je ne suis pas buté et personne ne doit être enfermé dans une impasse: si dans un secteur particulier ou une zone géographique, certains agriculteurs ne sont pas prêts en trois ans, on envisagera des exceptions", a-t-il déclaré. Un fonds assurantiel pour les agriculteurs bio Nicolas Hulot évoque également, pour la première fois, la création "d'un fonds assurantiel " destiné aux agriculteurs qui se convertissent à l'agriculture biologique, et "qui couvrirait certains risques et indemniserait les producteurs en difficulté ". Or elle va l'être!

Nicolas Hulot, dont les relations avec le ministre de l'agriculture Stéphane Travert sont notoirement houleuses, avait annoncé qu'il ne se rendrait pas au Salon de l'agriculture car il " privilégie le dialogue direct avec les parties prenantes dans de bonnes conditions d'échange ", selon son entourage. Nicolas Hulot précise lui au JDD qu'il ne s'y rendra pas.

" Il serait trop préjudiciable, notamment pour nos agriculteurs, et la France a des lignes rouges très claires", a ajouté le ministre, qui avait déjà critiqué l'accord de libre-échange UE-Canada (Ceta) entré en vigueur partiellement en septembre.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL