Guadeloupe. Depuis l'incendie du CHU, plusieurs décès suspects

Evrard Martin
Mars 27, 2018

La situation est inquiétante.

Un pic de surmortalité inhabituel à l'hôpital de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe depuis le début de l'année: c'est ce que dénoncent des membres du personnel du CHU. Selon un rapport d'expertise judiciaire, le sinistre serait d'origine humaine, "dû à un mégot", avait précisé Xavier Bonhomme, procureur de la République à Pointe-à-Pitre, le 11 mars.

De grandes tentes blanches ont été installées sur le parking à la place des ambulances, le matériel médical brûlé n'a pas été remplacé, les patients aux urgences attendent parfois plusieurs jours. Un manque de moyens qui peut avoir des conséquences dramatiques.

" C'est terrible, c'est cruel, mais on doit faire des choix", ont confié des médecins à Europe 1.

Dans son reportage, Europe 1 relate ainsi plusieurs exemples de ces décès "suspects", comme celui d'un homme de 70 ans, se présentant pour un AVC. Excédé par ces conditions de travail, un collectif crée par des syndicats et des médecins a comptabilisé 43 décès supplémentaires par rapport à la même période l'an dernier. Une jeune femme de 22 ans est décédée lors d'une simple intervention au rein car l'établissement ne pouvait compter que sur une bouteille d'oxygène.

L'Agence régionale de santé (ARS) va lancer une enquête. "Mon objectif c'est que d'ici fin avril, je puisse avoir la meilleure visibilité possible", assure-t-elle à nos confrères.

Dix bébés ont également perdu la vie au service de néonatalogie à cause de matériel insuffisant ou des secousses subies pendant le transfert à l'hôpital sur une route en très mauvais état.

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