Kenya : mort du dernier rhinocéros blanc du Nord mâle au monde

Claudine Rigal
Mars 20, 2018

Il ne reste en vie que deux femelles de cette sous-espèce, désormais condamnée.

Sudan était techniquement stérile depuis plusieurs années.

Le rhinocéros souffrait depuis longtemps de complications de santé liées à son âge. Ces derniers mois et ces dernières 24h, la situation avait empiré.

Un communiqué publié par le sanctuaire kényan Ol Pejeta explique que le mâle de 45 ans, Sudan, n'était plus capable de se tenir debout après que son état de santé se soit grandement détérioré.

" Nous, à Ol Pejeta, sommes tous très tristes de la mort de Sudan".

Le sperme de rhinocéros blanc du Nord mâles décédés est entreposé en différents endroits à travers le monde et il est donc essentiel d'assurer la survie des deux femelles jusqu'à ce que le protocole de fertilisation in vitro ait été perfectionné. Cette sous-espèce de rhinocéros traversait autrefois l'Ouganda, le Tchad, le Soudan, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo, mais le braconnage et le chaos des années de guerre civile dans la région ont fait plonger la population. "Il était un ambassadeur remarquable de son espèce et on s'en souviendra pour son rôle dans la prise de conscience à l'échelle planétaire du fléau qui pèse non seulement sur les rhinocéros, mais également sur les milliers d'autres espèces menacées d'extinction en raison des activités humaines", a réagi le directeur d'Ol Pejeta, Richard Vigne.

"Dans les années 70, Sudan et cinq autres individus de cette sous-espèce (" Ceratotherium simum cottoni ") avaient été capturés au Sud-Soudan et transférés au zoo tchèque de Dvur Kralove.

Il ne reste aujourd'hui que deux femelles: Fatu et Najin.

La disparition des rhinocéros blancs du Nord est le résultat du braconnage qui sévit depuis les années 1960 en Afrique. L'attention des experts qui souhaitent créer des embryons par fertilisation in vitro se tourne donc davantage vers sa fille Najin et sa petite-fille Fatu, dont les ovules devraient probablement être prélevés puisqu'elles sont incapables de se reproduire naturellement. A moins que les scientifiques qui ont prélevé son matériel génétique parviennent à développer ujn jour des techniques afin de concevoir des "bébés rhinocéros éprouvettes".

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