La moitié des espèces pourraient disparaître en 60 ans — Réchauffement climatique

Claudine Rigal
Mars 14, 2018

Celle-ci, réalisée par l'ONG en partenariat avec le Tyndall Centre for Climate Change de l'Université d'East Anglia, au Royaume-Uni, conclut que si la température moyenne du globe continue à grimper jusqu'à atteindre + 4,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle - ce qui se passera si aucun effort n'est fait pour ralentir le rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre (GES) -, "près de 50% des espèces qui vivent actuellement dans les régions les plus riches en biodiversité seront menacées d'extinction au niveau local d'ici à 2080".

" La biodiversité mondiale va souffrir terriblement au cours de ce siècle, à moins que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir " contre cela, prévient le Fonds mondial pour la nature (WWF). Des chercheurs ont étudié l'impact du changement climatique sur près de 80.000 espèces dans 35 régions qui abritent une importante variété de flore et de faune sauvages.

Dans les zones étudiées, comme l'Amazonie, Bornéo ou l'Himalaya, les saisons aujourd'hui exceptionnellement chaudes devraient devenir la norme, parfois dès 2030, et même avec un réchauffement limité à +2°C. Pics de chaleur plus notables, moindres précipitations, sécheresses durables sont attendus en de nombreux endroits.

Plus de la moitié de la surface (56 %) de ces zones resterait vivable à +2°C. Ce qui en retour pourrait nuire aux animaux en dépendant. Du côté animal, reptiles et amphibiens ont plus de risques d'être " dépassés " que les oiseaux ou les mammifères, plus mobiles. Pourront-elles se déplacer? Seront-elles bloquées par l'océan, des villes, des montagnes? Or les engagements climatiques pris à la COP21 par les pays pour réduire leurs émissions de GES "nous placent sur une trajectoire menant à un réchauffement de +3,2°C", rappelle le WWF.

En outre, comme les gaz déjà émis vont continuer à réchauffer la planète, il faudra aussi prévoir des mesures de protection locales: corridors biologiques pour favoriser le déplacement des espèces, identification de zones de "refuge" en dernier ressort, restauration d'habitats. En Méditerranée, jusqu'à 30% des espèces animales et végétales sont à risque rien qu'avec une hausse de 2°C.

Cette publication intervient alors que s'ouvre samedi à Medellin (Colombie) une importante conférence sur l'état de la biodiversité dans le monde.

Extinction ne signifie pas juste disparition d'espèces, souligne l'organisation, " mais de profonds changements pour des écosystèmes rendant des services vitaux à des centaines de millions de personnes ".

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