La Russie s'insurge après sa mise en cause — Syrie

Claudine Rigal
Mars 13, 2018

Dans leurs discours, les Etats-Unis ont cité "22 fois" la Russie, la France "16 fois", le Royaume-Uni "12 fois", a-t-il énuméré. Le texte est "simple, contraignant" et "ne permet aucun contournement", a-t-elle ajouté.

"La résolution 2401 n'est pas appliquée deux semaines après son adoption à l'unanimité par le Conseil de sécurité", avait aussi déploré peu avant François Delattre.

On ignore pour l'heure quand ce texte pourra être mis aux voix des quinze membres du Conseil de sécurité de l'ONU, où la Russie, comme les quatre autres membres permanents, dispose d'un droit de veto. La Russie et le régime syrien estiment que la poursuite des bombardements sur la Ghouta orientale est nécessaire pour mettre un terme aux bombardements rebelles sur la capitale Damas.

"Est-ce que la Russie est devenue l'outil de Bachar al-Assad et au pire de l'Iran?", a insisté la diplomate américaine.

C'est une "ligne politique" qui "n'est pas motivée par des considérations humanitaires", a poursuivi le diplomate russe, en laissant entendre que ces pays occidentaux cherchent avant tout à défendre des groupes opposés au régime de Damas.

Après que la délégation américaine a distribué un projet de résolution exigeant l'arrêt des opérations militaires à Damas et dans sa banlieue, Mme Haley a rappelé qu'en avril 2017 les États-Unis avaient frappé une base aérienne syrienne depuis laquelle auraient décollé des avions des forces gouvernementales pour effectuer une attaque chimique contre Khan Cheikhoun.

Au cours de son intervention, l'ambassadeur britannique adjoint, Jonathan Allen, a assuré qu'il y aura "des comptes à rendre" et que le "rôle de la Russie qui soutient Damas ne sera pas oublié". L'ambassadeur péruvien, Gustavo Meza-Cuadra, a aussi souligné que " le terrorisme ne devait pas être un prétexte pour violer les droits de l'Homme ".

Sans citer la Russie, il a aussi appelé "tous les Etats" à faire en sorte que la trêve soit appliquée et que de l'aide internationale parvienne aux civils.

"L'offensive terrestre et aérienne du régime se poursuit sous un déluge de feu".

"Elle veut, a ajouté l'ambassadeur, " des mesures concrètes", à commencer par " le départ des combattants terroristes de la Ghouta " avec l' "aide active de l'ONU ". "Au-delà, il nous faut un dispositif robuste pour suivre heure par heure la cessation des hostilités, l'évacuation des blessés, l'acheminement de l'aide humanitaire", a enfin indiqué François Delattre.

L'ambassadeur russe a assuré que Moscou faisait "des efforts concrets" pour permettre à l'aide humanitaire de parvenir à des civils. Il a précisé que des militaires russes avaient participé à la sécurisation de convois humanitaires de l'ONU dans la Ghouta orientale, une information confirmée de sources diplomatiques occidentales.

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