L'Arabie Saoudite menace l'Iran

Claudine Rigal
Mars 16, 2018

C'est qu'un ennemi commun, au Moyen-Orient, rapproche les dirigeants des deux pays: l'Iran. En tout cas, tout porte à le croire. Pourtant, lors d'une interview accordée à un magazine saoudien par Turki Al Sheikh, président du conseil d'administration du comité général du sport saoudien, le sherpa et " ami intime " du prince héritier saoudien, a évité d'apporter son appui à Rabat. Dans l'interview, le jeune prince a sévèrement taclé le voisin chiite, la République Islamique d'Iran.

"MBS a déclaré qu'il avait qualifié le dirigeant suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, de " nouveau Hitler " parce qu' " il veut se développer ". Le président américain dénonce non seulement l'implication de Téhéran en Syrie, au Yémen ou en Irak mais critique aussi l'accord nucléaire conclu avec le régime iranien par son prédécesseur Barack Obama pour empêcher que l'Iran ne devienne une puissance nucléaire.

"Sur cette comparaison, il s'est expliqué". Il veut créer son propre projet au Moyen-Orient tout comme Hitler qui voulait l'expansion (de l'Allemagne, ndlr) à l'époque. "Je ne veux pas que les mêmes événements se reproduisent au Moyen-Orient", prévient-il.

Cette annonce intervient quelques heures après que le New York Times a révélé que des personnalités saoudiennes, cibles d'une campagne anticorruption initiée par le prince héritier saoudien en novembre, ont été victimes de coercitions et d'abus physiques, selon le quotidien américain.

Mohammed ben Salmane, soucieux d'offrir un visage de modernisateur dans un pays qui applique une version rigoriste de l'islam, est attendu lundi à Washington pour sa première visite aux Etats-Unis depuis qu'il a été nommé prince héritier en juin par son père, le roi Salmane. L'économie saoudienne est plus importante que l'économie iranienne.

L'enjeu énergétique est de taille pour l'Arabie saoudite, pays de 32 millions d'habitants où la consommation d'énergie augmente de plus de 5 % par an et devrait doubler dans les 15 prochaines années.

Pour l'Arabie saoudite, qui a grandement souffert ces dernières années de la chute des prix du brut, l'objectif est de produire 17,6 gigawatts d'ici 2040, soit un peu plus de 10 % de la production totale d'électricité. "Nous ne voulons pas que le nouvel Hitler de l'Iran refasse au Moyen-Orient ce qui s'est passé en Europe".

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