Énergie: E.ON et RWE assurent pouvoir éviter les licenciements

Xavier Trudeau
Mars 14, 2018

Une fusion sans casse sociale c'est ce que promettent les énergéticiens allemands RWE et Eon dans la foulée de leurs spectaculaires échanges d'actifs à venir.

Eon prévoit jusqu'à 5000 suppressions d'emplois étalées sur plusieurs années et qui seront réalisées sur la base de départs volontaires et accompagnés par le groupe, qui comptera à terme 70.000 effectifs.

Selon une déclaration boursière, E.ON propose de prendre la participation de 76,8 % détenue dans Innogy par RWE, qui deviendrait en échange actionnaire d'E.ON à hauteur de 16,7% grâce à l'émission de nouveaux titres.

Cette opération complexe dévoilée dimanche, qui redistribue les cartes sur le marché allemand de l'énergie, passe d'abord par la cession à EON d'Innogy, puis les énergies renouvelables de cette dernière reviendront dans le giron de RWE ainsi que celles d'EON et quelques autres actifs dans des centrales. L'opération, soumise aux autorités de la concurrence, devrait bouleverser le profil de ces deux géants aujourd'hui intégrés "verticalement", c'est-à-dire mêlant des activités de production et de distribution d'énergie. Anticipant de deux jours la publication de ses résultats annuels, EON se dit prêt à avaler Innogy, après avoir vu son bénéfice net ajusté bondir l'an dernier de 58% sur un an, à 1,4 milliard d'euros, dans le haut de la fourchette prévue (1,20 à 1,45 milliard d'euros).

RWE a profité de résultats meilleurs qu'espérés dans la production et le négoce d'énergie, d'économies de charges, enfin d'un résultat en hausse de sa filiale dans les énergies renouvelables Innogy.

RWE doit ainsi devenir un leader européen de la production d'énergie, en se hissant au troisième rang continental pour les énergies renouvelables.

L'endettement net s'établit à 20,2 milliards d'euros, soit 2,5 milliards de moins qu'à fin 2016.

Après des mois de rumeurs de consolidation dans l'énergie en Europe, E.ON et RWE lancent les grandes manoeuvres. L'Allemagne est en effet confrontée à un double bouleversement énergétique, puisqu'elle a décidé en 2011 de sortir progressivement du nucléaire et doit aussi réduire ses émissions de gaz à effet de serre, alors que près de 40% de son électricité provient du charbon très polluant.

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