Onze pays de la zone Pacifique s'engagent dans le libre-échange

Xavier Trudeau
Mars 10, 2018

Signé par douze pays en février 2016 sous l'impulsion de Barack Obama, cet accord était alors censé englober 40 % du PIB mondial et 25 % du commerce international.

"Le commerce international est bel est bien vivant, contrairement à ce que certains pensent", avait déclaré peu avant Heraldo Muñoz, en référence aux annonces de Donald Trump sur les droits de douane visant l'acier et l'aluminium, risquant de déclencher ainsi une guerre commerciale.

Ce nouvel accord reprend la quasi-totalité des dispositions du texte originel (soit 30 chapitres), sauf celles portant sur la propriété intellectuelle imposées par Washington (notamment dans le domaine pharmaceutique).

Conçu à l'origine par Washington comme un moyen de freiner l'influence croissante de la Chine dans le commerce mondial, le TPP était ensuite devenu la bête noire de Trump, qui s'était inquiété du danger pour "les travailleurs américains". Il prévoit d'éliminer les barrières douanières et des barrières non-tarifaires, comme la mise en place de normes communes dans plusieurs secteurs d'activité tels que le secteur industriel et agricole, entre ces onze pays qui représentent près de 500 millions de personnes.

Le Vietnam et dix autres pays ont signé l'Accord global et progressiste de partenariat transpacifique. En attendant, le Canada et le Mexique, partenaires commerciaux historiques des Etats-Unis, ont maintenu leur participation au traité transpacifique et décidé de continuer à avancer dans le libre-échange sans Washington.

Donald Trump, qui à Davos qualifiait d'"horrible" le partenariat transpacifique, annonçait pourtant fin janvier qu'il n'excluait pas la possibilité de revenir dans le nouvel accord à condition qu'y soient opérés des changements majeurs. Face aux incertitudes sur l'avenir de l'Alena, le gouvernement mexicain cherche à multiplier les accords commerciaux, tant au niveau bilatéral que multilatéral.

Le Premier ministre nippon Shinzo Abe assurait que "le TPP sans les Etats-Unis n'aurait pas de sens".

L'absence des Etats-Unis a laissé la voie libre à la Chine, l'autre géant du commerce mondial absent du CPTPP et qui négocie son propre accord commercial avec nombre de pays asiatiques en plus de la Nouvelle-Zélande.

Ludovic Subran, chef économiste chez l'assureur-crédit Euler Hermes, est toutefois dubitatif sur les retombées économiques du CPTPP. "C'est une façon pour ce pays d'asseoir un contre-pouvoir dans la zone", a-t-il assuré à l'AFP.

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