Philippe s'attend à un débat "intense" — SNCF

Xavier Trudeau
Mars 14, 2018

Edouard Philippe va s'entretenir mardi soir le leader de la CGT Philippe Martinez, qui demandait à être reçu par le Premier ministre pour parler du contre-projet de la CGT Cheminots sur la réforme de la SNCF, a-t-on appris auprès de Matignon. Et Guillaume Pepy doit en présenter jeudi matin "le menu " à Mme Borne.

Le texte - objet d'arbitrages entre son cabinet, Matignon et l'Élysée - devrait rester assez vague dans l'immédiat, dit-on au gouvernement.

En annonçant cette réforme, Edouard Philippe a aussi demandé au patron de la SNCF de lui proposer avant l'été un "projet stratégique". #JaimelaSNCF Le Premier ministre veut, en particulier, que la SNCF aligne ses coûts sur les standards européens, quand "faire rouler un train en France coûte 30 % plus cher qu'ailleurs ". À cet égard, le statut représente un tiers de ces surcoûts, selon la direction. Quant à l'organisation du travail, la même direction a encore en travers de la gorge l'intervention du gouvernement précédent qui avait torpillé ses projets d'optimisation au printemps 2016, pour éviter une grève illimitée à la veille de l'Euro de football, en pleine mobilisation contre la loi El Khomri. Le débat a gagné les réseaux sociaux, avec notamment la floraison du mot-clef #JaimelaSNCF, repris aussi bien par des cheminots fiers de leur métier que des dirigeants de l'entreprise.

" Il y a chez les cheminots une crainte de l'ouverture à la concurrence et la volonté d'avoir une entreprise solide pour y faire face". Les quatre principaux syndicats de cheminots (CGT, Unsa, SUD, CFDT) diront en effet jeudi 15 mars à l'issue de leur intersyndicale, s'ils lancent un mouvement de grève contre la réforme, qui prévoit la disparition de leur statut.

Responsable de Sud-rail, Fabien Villedieu avait juste avant appelé au micro "les cheminots à se mettre en grève le 22 mars et à participer à la grande manifestation nationale", tout en soulignant que "c'est aux assemblées générales, aux cheminots de se décider". Ils affichent un front unitaire depuis l'annonce fin février par le Premier ministre Édouard Philippe d'un recours possible aux ordonnances et de la suppression du statut pour les nouveaux embauchés.

Une annonce de grève reconductible "probable".

Aux cris de "la SNCF n'est pas à vendre" et "Mais il est où Guillaume Pepy", une centaine de manifestants se sont invités à la réception donnée par la SNCF pour fêter ses 80 ans, lundi soir.

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