Rançon "demande pardon" à plusieurs de ses victimes — Disparues de Perpignan

Claudine Rigal
Mars 14, 2018

Ce lundi matin, Jacques Rançon a présenté ses premières excuses à l'une de ses victimes venue témoigner d'une agression dont elle avait été victime un soir de 1998. "Il a écopé de huit ans de prison pour le viol de Nathalie, qui selon le même modus operandi avait été agressée au volant de sa voiture, menacée avec un couteau, contrainte de monter dans le véhicule de son agresseur et violée sur un chemin de traverse". Je l'ai fait s'allonger au sol et je me suis mis sur elle.

Un palais de justice en état de siège, plus de quarante journalistes sur les bancs de la presse et une cour d'assises des Pyrénées-Orientales trop petite pour contenir tous ceux qui se bousculent pour assister à cette audience historique: il est 14 heures, ce lundi 5 mars 2018, quand Jacques Rançon, 57 ans, pénètre dans le box des accusés, accueilli par un grand silence.

D'une voix blanche, l'accusé, veste grise sur chemise beige, poursuit son récit: "elle a dit qu'elle allait appeler la police". Douze au total, révèlera l'autopsie.

Je l'ai découpée. J'ai mis les morceaux dans un sac, je l'ai jeté dans une bouche d'égoût. Vient alors le plus terrible: "Je l'ai découpée. Et je suis rentré à l'hôtel". "Elle était là, bien vivante, ce n'était plus un cadavre", disait devant la caméra de L'Indépendant l'avocat des parties civiles, Me Etienne Nicolau."J'ai plus d'amour pour ma copine que de haine pour ce tueur", avait dit Sabine, un peu plus tôt dans la salle d'audience. "C'était la panique", répond Rançon. "Pour le président de la cour Régis Cayrol, si l'accusé n'est pas capable de " dire pourquoi", au moins devra-t-il dire " comment", à partir de mardi, lorsque la cour se plongera dans l'horreur des meurtres". "J'étais en panique, j'ai coupé sans réfléchir, je ne pensais à rien, j'agissais". Ce sont les avocats de Rançon qui parviennent à clarifier les réponses de leur client: son plaisir s'arrête au moment où il porte les coups de couteau. Lunettes noires la plupart du temps sur les yeux, il ne manifeste aucune réaction à ce récit.

Originaire d'un milieu miséreux de Picardie, Jacques Rançon, ancien cariste-magasinier de 58 ans, est jugé depuis une semaine pour avoir violé, tué et atrocement mutilé deux femmes. Il lui est aussi reproché d'avoir tenté de violer une autre femme et d'en avoir laissé une quatrième pour morte. Son interpellation avait été réalisée près de 17 ans après les faits, son profil ADN étant ressorti grâce à un nouveau logiciel installé sur le fichier national des empreintes génétiques. Le verdict est attendu le 26 mars.

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