Trump bloque une fusion à 117 milliards de dollars

Claudine Rigal
Mars 13, 2018

Broadcom a dit qu'il passait en revue le décret présidentiel, ajoutant qu'il contestait "vigoureusement que son projet d'acquisition de Qualcomm soulevait la moindre question de sécurité nationale".

Donald Trump a bloqué lundi la fusion entre les fabricants de microprocesseurs Broadcom et Qualcomm, estimant qu'elle portait atteinte à la sécurité nationale des Etats-Unis. Le président américain a pris cette décision, lundi 12 mars, sur la base des recommandations du Comité américain sur les investissements étrangers (CFIUS) qui avait décidé début mars d'examiner ce rachat, après avoir été saisi par Qualcomm qui s'opposait aux visées de son rival. Donald Trump a jugé que cette offre hostile à 142 milliards de dollars était une menace pour la sécurité du pays, mettant fin à ce qui aurait pu être la plus grosse opération de l'histoire dans la tech. L'opération avait alors été abandonnée.

"Etant donné les déclarations publiques de Broadcom au sujet de la procédure de redomiciliation depuis novembre dernier, ainsi que ses communications directes avec le CFIUS, Broadcom a été totalement transparent à l'égard du CFIUS au sujet de la procédure de redomiciliation et pense qu'il respecte totalement (le décret)", déclare le groupe. Broadcom comptait profiter de ce rassemblement pour prendre le contrôle du conseil d'administration et faire passer son projet.

Une source proche du CFIUS a dit que, en cas de rachat de Qualcomm par Broadcom, les militaires américains avaient exprimé leurs inquiétudes de voir, d'ici 10 ans, émerger un seul acteur dans ces technologies de communications, "qui serait essentiellement Huawei", ne laissant pas d'autre choix aux opérateurs américains que d'acheter les équipements du groupe chinois.

Toujours dans le secteur des microprocesseurs, cet organisme, dont les délibérations sont secrètes, avait également recommandé en 2016 à Barack Obama, le prédécesseur de Donald Trump, de s'opposer à l'opération entre le groupe allemand Aixtron et le fonds chinois Grand Chip en raison de la présence aux Etats-Unis d'une filiale du groupe allemand.

Le titre de Qualcomm a chuté en Bourse après l'annonce de cette décision, perdant plus de 4 % dans les échanges électroniques d'après séance vers 3 h 30 (mardi à Paris). En revanche, Broadcom progressait de 0,63 %.

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