Un tiers des femmes victime de harcèlement sexuel au travail

Evrard Martin
Mars 1, 2018

24% ont déjà eu affaire à un attouchement léger type un effleurement des mains et 13% une main aux fesses.

"Il est important de signaler que le problème du harcèlement sexuel n'est pas qu'une histoire de sexualité, de drague ou de séduction", insiste l'Ifop. 34% des femmes ont ainsi subi au moins une fois des gestes grossiers au travail (19% à plusieurs reprises), comme des clins d'œil, des sifflements ou des regards déplacés. Les femmes célibataires subissent, par exemple, davantage de harcèlement à caractère sexuel que celles en couple, "sans doute parce que perçues comme "disponibles" ", avance l'Ifop. Les cadres et professions intellectuelles supérieures sont quasiment deux fois plus nombreuses (40%) que les ouvrières (23%) à avoir déjà été harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail. Contrairement ce qu'on pourrait penser, les femmes les plus concernées par le harcèlement ne sont pas celles qui sont le plus bas dans la chaine hiérarchique de l'entreprise. L'enquête révèle également que les personnes lesbiennes et bisexuelles sont presque deux fois plus touchées par le harcèlement au travail (60%) que les hétérosexuelles (34%).

Face à une situation de harcèlement, 32 % à 44 % des victimes font encore le choix d'une stratégie " passive", en évitant de parler du problème à autrui. L'égalité est parfaite entre le supérieur et le collègue qui représentent tout de même 30% des cas où une femme se voit offrir sur son lieu de travail des cadeaux gênants tels que du parfum ou des sous-vêtements, en l'absence de tout consentement de cette dernière. Les pressions pour obtenir un rapport sexuel contre une "promotion canapé " sont d'ailleurs plus limitées, avec 8 % des femmes en ayant été victimes". Elles en parlent peu souvent et de façon privilégiée à des proches ou collègues de même rang.

Après l'affaire Weinstein, les #Balancetonporc, #Metoo, Time's up et depuis peu, le hashtag #MaintenantOnAgit lancé par des actrices françaises, le harcèlement des femmes dans la vie mais aussi dans le travail est au cœur des débats et des réflexions.

Malgré ces explications, pas sûr que faire la liste de ces facteurs aggravants soit utile. Bien qu'évidemment pas inexistant, les résultats du sondage montrent que l'abus de position dominante n'est pas le cas le plus répandu. "Si on constate une indéniable libération de la parole des femmes sur les réseaux sociaux, seule une très faible minorité de victimes parvient à briser le mur du silence qui paralyse tout particulièrement les femmes ne disposant pas d'un niveau de formation, d'un statut ou d'un confort matériel leur permettant de prendre le risque d'un conflit avec leur hiérarchie", écrit l'institut.

Ce sondage nous confirme surtout une chose: dans le monde du travail, il est urgent que les mœurs évoluent.

Dans l'ensemble des situations signalées par les femmes interrogées, 45 % des responsables hiérarchiques ont harcelé psychologiquement leurs employées en ayant des intentions sexuelles.

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