Et maintenant, que va-t-il se passer — Syrie

Claudine Rigal
Avril 16, 2018

Le chef de l'État a donc certainement longuement mûri les conséquences à court, à moyen et à long terme de son action de guerre, qu'il a voulu circonscrite à la seule capacité syrienne alléguée de production d'armes chimiques.

"Nous avons réussi l'opération sur le plan militaire". "Il n'a pas d'états d'âme à la mettre dans l'embarras et à la compromettre davantage avec lui", souligne le géographe Fabrice Balanche. Cela donne l'occasion à Damas de se tourner vers d'autres bastions rebelles: à savoir Deraa, au sud du pays, et Idleb, une zone au Nord-Ouest, dite de " désescalade ".

"Nous avons été très précis et la réponse était proportionnée, mais, en même temps, ce fut une frappe lourde", a-t-il ajouté. Moscou affirme pour sa part détenir les "preuves irréfutables" de la mise en scène de cette attaque. Moscou a notamment voté des résolutions pour permettre l'accès de l'aide humanitaire en Syrie et pour la mise en place de cessez-le-feu.

Ne plus jamais revoir ces images d'enfants syriens suffoquant, de populations terrorisées.

Il est toutefois possible de douter de l'impact concret que pourraient avoir les déclarations françaises sur le Kremlin. "Elle est " conforme aux engagements pris " depuis mai dernier, ajoute le président".

En attaquant la Syrie, les pays occidentaux ont démontré que non seulement ils ne respectaient pas le droit international mais aussi qu'ils étaient faibles, a souligné dans un entretien à Sputnik Bassam Abu Abdallah, ancien diplomate syrien et directeur du Centre des études stratégiques à l'Université de Damas. Consécutivement à cette opération, une proposition de résolution occidentale sur la Syrie va être présentée au Conseil de sécurité de l'ONU le 16 avril, une proposition sur laquelle la Russie entend poser un œil critique. Aujourd'hui, Américains et Français souhaitent qu'il y ait de nouvelles négociations entre Bachar al-Assad et ses opposants.

Image satellite fournie par le Pentagone des points d'impacts sur la base aérienne syrienne d'al-Chaayrate après la frappe américaine, le 7 avril 2017.

Ces raids sont pour eux le signe de la victoire en marche du régime. Le chef de l'Etat affirme vouloir " construire la paix " en Syrie. "Il y a 10 jours, le président Trump disait les Etats-Unis d'Amérique ont vocation à se désengager de la Syrie, nous l'avons convaincu, nous l'avons convaincu qu'il était nécessaire d'y rester (.), je vous rassure, nous l'avons convaincu qu'il fallait rester dans la durée", a-t-il déclaré.

Les experts sont partagés sur la stratégie du président américain en Syrie.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL