La ligue arabe veut une enquête sur les armes chimiques en Syrie

Claudine Rigal
Avril 16, 2018

Officiellement, pour la Maison-Blanche, tout est "clair".

"Le raid syrien a été si parfaitement exécuté, avec une telle précision, que la seule manière trouvée par les Médias Bidon pour le critiquer est mon emploi de l'expression 'Mission Accomplie'", a répondu dimanche Donald Trump, toujours sur Twitter, s'en prenant une fois de plus aux "Fake News Media", une de ses cibles préférées. M. Poutine a averti qu'une nouvelle opération militaire occidentale provoquerait "le chaos" dans les relations internationales.

La décision de l'Élysée a dû être d'autant plus réfléchie qu'en mars 2003, le président Jacques Chirac avait refusé d'associer la France à une opération militaire américaine, beaucoup plus vaste (car visant un changement de régime), contre une autre dictature moyen-orientale, l'Irak, accusé (faussement) de fabriquer clandestinement des armes chimiques et bactériologiques interdites par les conventions internationales. Puis le lendemain, il parlait de "mission accomplie". Visiblement, le président Trump a voulu calmer ses supporters, inquiets de voir le pays s'engager militairement dans le conflit syrien. "La finalité est de construire ce qu'on appelle une solution politique inclusive", a-t-il dit, mettant en exergue l'activisme diplomatique français pour "parler avec tout le monde", notamment les soutiens de Bachar al-Assad et les acteurs régionaux comme la Turquie.

Les derniers combattants rebelles de Douma, ainsi que des civils, ont été évacués samedi vers des zones du nord de la Syrie, dans le cadre d'un accord de reddition signé avec le régime le 9 avril, deux jours après l'attaque chimique présumée.

Emmanuel Macron a justifié dimanche les frappes menées en Syrie tout en affirmant que "la France n'a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad", lors d'une interview télévisée sur BFMTV/RMC/Mediapart qui se tenait au théâtre de Chaillot à Paris.

Les chefs d'état réunis à Dhahran en Arabie Saoudite à l'occasion du sommet de la ligue arabe ont condamné l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Pour Emmanuel Macron, la communauté internationale a aussi "réacquis de la crédibilité" aux yeux de Moscou en lançant cet "acte de représailles" en Syrie.

"L'OIAC a visité ce bâtiment de 2013 jusqu'à récemment et y a procédé à des inspections", a souligné aux journalistes, le directeur de l'Institut pour le développement des produits pharmaceutiques et chimiques, Saeed Saeed, après la frappe qui a détruit le bâtiment.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL