"L'attaque chimique présumée en Syrie est une mise en scène" — Lavrov

Claudine Rigal
Avril 16, 2018

Une équipe internationale d'experts a débuté hier, son enquête sur le site l'attaque chimique présumée en Syrie qui a provoqué des frappes américaines, françaises et britanniques d'une ampleur inédite contre le régime de Bachar al-Assad. "Les résultats de l'enquête infirmeront les allégations mensongères" contre Damas, a ajouté le vice-ministre syrien des Affaires étrangères.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) devra débuter ce dimanche son enquête sur la présumée attaque chimique dans la ville de Douma, près de Damas, a indiqué le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Ayman Soussane.

Samedi, l'OIAC, organisation basée à La Haye, a affirmé poursuivre sa mission d'enquête sur l'attaque chimique présumée de Douma malgré les frappes aériennes des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.

Le régime, soutenu par son indéfectible allié russe, a toujours démenti toute implication dans l'attaque, dénonçant des "fabrications" rebelles.

Mercredi, l'armée russe avait déjà accusé les Casques blancs d'avoir "mis en scène devant les caméras une attaque chimique contre des civils".

Cette déclaration intervient au lendemain de l'annonce par le régime de la reprise de toutes les zones rebelles de la Ghouta orientale après l'évacuation des derniers combattants rebelles de Douma. L'organisation avait promis, dans un communiqué, de continuer le déploiement de l'équipe d'enquêteurs en Syrie "afin d'établir les faits relatifs aux allégations d'utilisation d'armes chimiques". Une responsable de l'administration américaine a précisé samedi, sous couvert de l'anonymat, que les Etats-Unis avaient des informations "plus claires" sur une utilisation de chlore à Douma mais aussi "des informations significatives qui font état également d'un usage de sarin", un gaz neurotoxique puissant. Ces frappes ont suscité l'indignation de la Russie et de l'Iran, alliés de Damas. Les Russes ont condamné "un acte d'agression à l'encontre d'un Etat souverain", mais échoué à obtenir une condamnation du Conseil de sécurité de l'ONU.

"L'OIAC a visité ce bâtiment de 2013 jusqu'à récemment et y a procédé à des inspections", a souligné aux journalistes, le directeur de l'Institut pour le développement des produits pharmaceutiques et chimiques, Saeed Saeed, après la frappe qui a détruit le bâtiment.

"À l'heure actuelle, quand la lutte des autorités syriennes contre les djihadistes s'est pratiquement achevée par la victoire des troupes gouvernementales, Damas n'avait évidemment aucune raison pour utiliser une arme chimique et ce, d'autant plus que la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ne cessaient de le menacer d'une riposte ferme dans le cas d'une telle démarche", a conclu l'interlocuteur de Sputnik.

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