Les services sont "saturés", dit le ministre Heurtel — Demandeurs d'asile

Claudine Rigal
Avril 19, 2018

OTTAWA | Le fédéral promet "d'examiner en profondeur " les demandes financières de Québec pour gérer la crise des migrants, et met de côté 74 millions $ afin d'accélérer le traitement des demandeurs d'asile dans la province.

"Nous sommes actuellement aux prises avec un défi important", écrit-il tout en appelant à poursuivre la collaboration avec le gouvernement québécois.

Par ailleurs, Québec attend toujours une réponse à la lettre qu'il a fait parvenir à Ottawa le 21 mars et dans laquelle il réclamait 146 millions $ pour l'accueil des migrants.

De passage à Montréal mardi matin, M. Couillard a fait écho à ses quatre ministres, qui avaient exigé la veille que le gouvernement Trudeau en fasse plus.

L'année dernière a vu le Québec recevoir 25 000 migrants irréguliers, soit la moitié de toutes les entrées de ce type au Canada, comparativement à une moyenne annuelle "normale" de 3500. "C'est un peu loin, dès fois, Ottawa du terrain", a-t-il ironisé.

Philippe Couillard a martelé que la gestion des frontières est une responsabilité strictement fédérale et que c'est au fédéral d'amener les ressources nécessaires.

Québec dispose de 1850 places d'hébergement temporaire dans quatre centres à Montréal et ces places sont déjà occupées à 71 pour cent. Le ministre de l'Immigration, David Heurtel, a affirmé qu'il ne dépassera pas le seuil de 85 pour cent, afin de conserver une marge de manoeuvre pour les demandeurs d'asile qui utilisent les voies régulières.

Bien qu'il bénéficie d'un appui solide des partis d'opposition, M. Heurtel pour l'instant rejette l'idée de la Coalition avenir Québec (CAQ) de demander la répartition des migrants selon le poids géographique de chaque province, ainsi que celle du Parti québécois (PQ) de demander la suspension de l'entente sur les pays tiers sûrs.

En vertu de cette entente, les réfugiés doivent demander l'asile au premier des deux pays où ils arrivent. S'ils essaient de se rendre ensuite au Canada par un poste frontalier, ils sont refoulés dans le premier pays où ils ont demandé l'asile. "Et 75% de ces demandeurs étaient "irréguliers".

Dans sa lettre, le ministre Hussen rappelle les mesures déjà mises en place par Ottawa pour alléger le fardeau financier du Québec comme la réduction du délai pour l'octroi de permis de travail de trois mois à trois semaines.

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