L'homme "aux trois visages" se sent bien

Evrard Martin
Avril 17, 2018

C'est un combat de 6 mois qui s'achève, mais un autre qui commence pour Jérôme Hamon, le premier homme aux trois visages. "J'ai hâte d'être libéré de tout ça", a tout de même indiqué le patient, qui s'exprime encore avec difficulté.

Mais ce n'est pas la première greffe que reçoit ce patient atteint de neurofibromatose, une maladie génétique qui peut parfois entraîner une déformation sévère du visage comme dans son cas.

L'homme aux trois visages avait été opéré une première fois en 2015. En novembre, il est de nouveau hospitalisé et son visage qui présente des signes de nécrose lui est retiré. Il restera deux mois "sans visage" en réanimation à Pompidou, le temps qu'on lui trouve un donneur. Des moments difficiles à vivre, avec un faciès d'écorché vif. "L'équipe a été époustouflée par son courage, renversée par sa force et son caractère" s'émeut Bernard Cholley, professeur d'anesthésie-réanimation à l'hôpital Pompidou, dans LeParisien. "Il était même plutôt de bonne humeur", a indiqué admiratif son anesthésiste-réanimateur. Le donneur de visage sera un jeune homme de 22 ans, décédé à plusieurs centaines de kilomètres de Paris. Le Pr Lantieri l'apprend un dimanche soir, le 14 janvier, ce qui déclenche une grosse logistique.

L'homme «aux trois visages» se sent bien
Première mondiale : un homme reçoit une seconde greffe du visage à Paris

Jérôme Hamon entre au bloc opératoire le lundi 15 janvier. Très vite, l'équipe constate que le greffon montre des signes de vie encourageants en se colorant. Le patient ressortira du bloc le mardi en fin de matinée, au terme d'une opération hors norme. Elle fera l'objet d'une fuite dans la presse quelques jours plus tard. "Vers midi, l'équipe a effectué la préparation au niveau receveur: préparer les vaisseaux, préparer les nerfs, pour qu'on puisse ensuite faire cette transplantation", raconte le Pr Lantieri.

Pendant cette période, un traitement immunologique lourd est prévu pour éviter le rejet de cette deuxième greffe avec des séances de plasmaphérèse (changement du plasma sanguin) pour éliminer les anticorps développé contre le premier greffon et pour mettre son système immunitaire au repos.

En plus du risque médical évident, il y avait aussi le risque que Jérôme Hamon n'accepte pas psychologiquement ce troisième visage. Faisant encore une fois preuve d'une force de caractère peu commune, il a expliqué: "si je n'avais pas accepté ce nouveau visage, ça aurait été un drame. (...) Mais là, c'est bon, c'est moi".

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