L'UE compte ses divisions face à la Russie — Syrie

Claudine Rigal
Avril 17, 2018

Le Kremlin a qualifié aujourd'hui de "sans fondement" les accusations selon lesquelles la Russie aurait entravé l'accès de la mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à la ville syrienne de Douma, théâtre d'une récente attaque chimique présumée.

Pour le chef de la diplomatie du Luxembourg Jean Asselborn, les frappes occidentales de samedi sont "une opération unique et elle doit le demeurer".

Ne souhaitant pas spéculer sur la teneur des discussions ni des réponses apportées, celui-ci explique que la Russie a également ses propres lignes rouges - entendez pas là, une définition précise des actions à mener et à ne pas mener. Moscou, grand allié du régime syrien, s'est engagé à "ne pas s'ingérer" dans le travail de la mission de l'OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas qui nient avoir lancé une attaque chimique à Douma.

La déclaration publiée samedi au nom des 28 par la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini insiste sur la nécessité de faire "rendre des comptes" aux responsables de crimes de guerre. Mais elle ne justifie pas les frappes.

"La déclaration des 28 est le maximum qui pouvait être dit", a-t-on insisté de source diplomatique. A un bout de l'échiquier: la France et le Royaume-Uni. Entre les deux: des membres de l'Otan, dont beaucoup sont partagés sur les frappes. Comme le prouve la réaction de l'Italie, assurant que cette "action circonscrite (.) ne sera pas le début d'une escalade".

Priée de dire plus tard dans une autre émission, Face The Nation sur la chaîne de télévision CBS, si Washington allait donc prendre des mesures contre les soutiens du président syrien Bachar al-Assad, la Russie et l'Iran, Nikki Haley a répondu: " absolument ".

Dans la nuit du 13 au 14 avril, Damas était frappé par les États-Unis, la France et l'Angleterre.

Moscou tire avantage des divisions au sein de l'Union européenne. Les réactions après l'empoisonnement au Royaume-Uni de l'ancien agent double russe Sergueï Skripal - attribué par Londres à la Russie - l'ont démontré. Et il aura fallu beaucoup de persuasion pour convaincre les 28 d'incriminer Moscou.

"Il faut espérer maintenant que la Russie comprenne qu'après la riposte militaire (.), nous devons joindre nos efforts pour promouvoir un processus politique en Syrie qui permette une sortie de crise. La France est disponible pour y parvenir", a affirmé dimanche le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

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