Manifestation à Barcelone contre la détention d'indépendantistes — Catalogne

Claudine Rigal
Avril 16, 2018

Six mois après les premières incarcérations de figures de l'indépendantisme catalan, des manifestants ont défilé par milliers dimanche à Barcelone. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont protesté en plein cœur de la capitale catalane contre la détention provisoire de neuf leaders indépendantistes de leur région.

"Nous sommes de plus en plus nombreux à dénoncer la judiciarisation de la politique (.) et à dire qu'il faut donner une solution démocratique à ce conflit", ont clamé sur scène des acteurs catalans chargés de lire le manifeste des organisateurs.

"Ils ont besoin de démontrer qu'il y a eu violence pour exécuter les peines qu'ils veulent, alors ils l'inventent, mais nous continuerons à manifester pacifiquement", ajoutait-elle.

" Il y a eu des tensions [parmi les syndiqués] comme dans l'ensemble de la société catalane", a admis le secrétaire général de l'UGT en Catalogne, Camil Ros.

À Madrid, " ils nous traitent comme des terroristes", assure ce manifestant, désolé qu'on puisse comparer l'indépendantisme catalan à l'organisation armée basque ETA, à laquelle sont attribuées plus de 800 morts. "C'est le moment de jeter des ponts et le problème de la Catalogne ne doit pas se résoudre dans les tribunaux mais par le dialogue et la politique".

Au second rang de la manifestation apparaissait la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau - qui fait régulièrement valoir qu'elle n'est pas indépendantiste - à proximité du président indépendantiste du parlement catalan, Roger Torrent.

Carles Puigdemont, un président à distance?

Près de 350.000 manifestants se sont réunis, portant pour beaucoup d'entre eux les couleurs rouge et jaune de la Catalogne après le refus cette semaine de la Cour suprême de libérer sous caution Jordi Sanchez, à qui les indépendantistes souhaitaient confier la présidence de la région. Incarcérés avant la vaine proclamation d'une "République catalane" le 27 octobre, ils sont considérés comme des membres du noyau dur ayant piloté le processus avorté vers l'indépendance.

Cependant, des magistrats espagnols ont transmis jeudi à leurs homologues allemands des éléments afin d'accréditer l'existence " de violences justifiant la rébellion " selon Madrid, dans l'espoir d'obtenir la remise de M. Puigdemont à l'Espagne pour cette accusation. L'ex-président catalan est également accusé de détournement de fonds public.

Le retraité Juan José Cabrero, ancien transporteur de 74 ans, fait partie des deux millions de personnes, soit 47,5 % des électeurs catalans, ayant redonné aux sécessionnistes une majorité en sièges au parlement régional en décembre.

Élu député catalan alors qu'il était détenu, Jordi Sanchez a été proposé par deux fois comme candidat à la présidence régionale, mais le juge a refusé de le laisser sortir de prison pour être investi.

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