Milo Djukanovic vers la victoire — Monténégro

Claudine Rigal
Avril 15, 2018

Il entend désormais lui faire rejoindre l'Union européenne. Il avait annoncé son retrait il y a moins de deux ans, après les législatives d'octobre 2016. "Je vais gagner aujourd'hui", a-t-il d'ailleurs claironné après avoir voté.

Depuis 1991, M. Djukanovic, un allié de l'Occident, a été six fois premier ministre et déjà une fois président (1998-2003).

Il a conduit le Monténégro à l'indépendance de la Serbie en 2006 puis à l'adhésion à l'OTAN, effective depuis l'an passé au grand dam de Moscou, mais aussi d'une partie des Monténégrins, en majorité slaves et orthodoxes.

Si cet économiste qui mesure près de 2 mètres l'emporte, le poste aujourd'hui honorifique de président redeviendra le siège réel du pouvoir.

Son titulaire actuel, Filip Vujanovic, est un de ses proches, membre de son parti des démocrates socialistes (DPS).

Soutenu par les principaux partis d'opposition, prorusses ou non, Mladen Bojanic, 56 ans, qui avait dit croire en la victoire et appelé à l'union contre Milo Djukanovic en vue du second tour, n'a donc pas créé la surprise.

Près de 533 000 Monténégrins étaient appelés aux urnes ce dimanche 15 avril pour élire leur nouveau président de la République.

Par la rédaction Selon les premiers résultats, qui portent sur 75% des bulletins dépouillés, le "gospodar", le seigneur, remporte son pari: l'emporter dès le premier tour, comme le prédisaient les sondages d'opinion.

Sasa Jankovic, un ingénieur de 55 ans, avait expliqué en votant qu'il aimerait "voir quelqu'un d'autre dans le siège présidentiel" que Milo Djukanovic.

Quant au seul candidat ouvertement prorusse, Marko Milacic, un journaliste de 32 ans, il ne recueillerait qu'environ 3 % des suffrages.

"Il y a le sentiment que la Russie comprend les limites de son influence sans renoncer à long terme", estime l'analyste Zlatko Vujovic, directeur du centre pour le suivi du scrutin, qui donnera dimanche soir les premiers résultats.

Les autorités judiciaires monténégrines ont accusé des institutions russes d'avoir été derrière la tentative de coup d'Etat d'octobre 2016, ce que Moscou réfute.

Pendant la campagne électorale, les candidats de l'opposition ont accusé Djukanovic d'encourager le népotisme, la corruption et les liens avec le crime organisé, ce qu'il a démenti.

Dans un pays où le chômage dépasse les 20%, Milo Djukanovic s'est engagé à multiplier par deux en quelques années le salaire moyen, actuellement de 500 euros.

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