Plus de 20 morts dans des manifestations — Nicaragua

Claudine Rigal
Avril 22, 2018

Une centaine de personnes ont aussi été blessées dans ces manifestations, les plus violentes depuis que Daniel Ortega a été porté au pouvoir il y a 11 ans.

Le président Daniel Ortega doit formellement annoncer ce samedi que "le dialogue reste ouvert" et que "tous les sujets sont sur la table", a ajouté la vice-présidente. De nouveaux affrontements entre jeunes manifestants et policiers antiémeutes ont éclaté, samedi soir, à Managua après un discours télévisé du président Ortega. Mais il a aussi affirmé que les manifestations étaient soutenues par des groupes politiques hostiles à son gouvernement et financés par des organisation extrémistes américaines, sans toutefois les identifier.

Le dernier bilan officiel faisait état de dix morts vendredi, tandis que le quotidien La Prensa avait évoqué plus de 30 morts, mais sans citer de source. Cette réforme vise à augmenter les contributions des employeurs comme des salariés et à réduire de 5% le montant des retraites pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.

Leur but est de "semer la terreur, semer l'insécurité", "détruire l'image du Nicaragua" après "onze ans de paix" afin de "prendre le pouvoir", a-t-il martelé.

Un caméraman nicaraguayen, Miguel Ángel Gahona, a été tué par balles samedi dans la ville de Bluefields (est) alors qu'il tournait des images d'affrontements entre manifestants et policiers, selon des sources syndicales.

En revanche, l'association des entrepreneurs nicaraguayens a estimé que "le dialogue ne peut pas avoir lieu", à moins que "cesse immédiatement la répression policière". La police avait précédemment annoncé la mort d'au moins un manifestant et un policier, tués dans la nuit de jeudi à vendredi lors de heurts à Managua et dans sa banlieue. Jeudi, le gouvernement a empêché quatre chaînes de télévision indépendantes de couvrir les événements. Au moins neuf journalistes ont été blessés dans les défilés, selon le comité pour la protection des journalistes, sis à New York.

"Cette mobilisation semble avoir pris par surprise le gouvernement, qui jusqu'ici était parvenu à contenir les mécontentements grâce à l'influence du parti au pouvoir dans les sphères publique et militaire".

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