Réforme de la SNCF : Macron promet d'aller "au bout" malgré les grèves

Xavier Trudeau
Avril 14, 2018

"Oui, a-t-il martelé jeudi sur le plateau du 13 heures de TF1".

"On a besoin d'un chemin de fer français fort". Parce que c'est ce que notre pays attend.

"Je leur demande de penser à nos entreprises et nos concitoyens", a ainsi déclaré Emmanuel Macron à destination des cheminots. S'il dit "respecter" ce mouvement social, il demande toutefois au personnel de la SNCF de ne pas "avoir de crainte illégitime".

Les organisations représentatives ont lancé le 3 avril une grève d'un genre inédit sur les rails, avec un calendrier de deux jours d'arrêt de travail par tranche de cinq, pour protester contre le projet porté par la ministre des Transports, Élisabeth Borne.

Au-delà du contenu de la réforme, les syndicats dénoncent la méthode de l'exécutif, qui organise selon eux des concertations de pure forme depuis le début du mois de mars et resterait sourd à leurs suggestions.

Attendu sur la pédagogie de la réforme, le Président de la République a rappelé qu'il n'était pas question de privatisation, que le statut des cheminots actuels serait bel et bien maintenu et que la dette pourrait être reprise "en partie " et "progressivement " par l'Etat.

Preuve supplémentaire pour le chef de l'Etat: l'exemple de La Poste où, "depuis 15 ans", les nouvelles embauches ne se font plus avec un statut particulier.

Voilà le message qu'a voulu faire passer Emmanuel Macron sur ce conflit social: la réforme est légitime, juste ("les Allemands ont fait la même") et garantira l'avenir de "l'entreprise SNCF".

" En aucun cas il n'a fait d'annonce qui permettrait de financer les infrastructures ferroviaires, de libérer la SNCF de cette dette qui l'empoisonne dans le cadre de son budget et de son financement", a-t-il dit sur BFMTV.

Le trafic sur le réseau devrait par ailleurs être moins perturbé vendredi, nouvelle journée d'une série de grèves.

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