SNCF : les syndicats veulent maintenir la pression sur le gouvernement

Xavier Trudeau
Avril 27, 2018

Ils menacent également de mettre l'entreprise ferroviaire à l'arrêt le 14 mai, avec une journée "sans cheminot", s'ils n'obtiennent pas satisfaction lors de leur rencontre avec le premier ministre le 7 mai prochain.

Interrogé sur l'invitation de l'ensemble des syndicats de la SNCF à des réunions bilatérales le 7 mai à Matignon, il a assuré qu'il ne s'agissait "pas du tout " d'un recul. Estimant que "les finances magiques, cela n'existe pas", Édouard Philippe souligne que la reprise de la dette de la SNCF va alourdir celle de l'État. "La discussion n'a même jamais commencé", s'est emporté devant la presse Didier Aubert, le patron de la CFDT cheminots. L'élection d'Emmanuel Macron ayant créé un effet de " blast " ayant eu pour conséquence l'adoption sans réelle contestation de la réforme du code du travail, la CGT avait opté pour cette solution mi chèvre mi-chou de la grève perlée. Cette dernière a d'ailleurs justifié la décision de Matignon mercredi matin, quand elle a clôturé - sans les syndicats donc - la séance de négociations. " Elle a fait le job qu'on lui demandait mais c'est surtout une technicienne et pas une politique rompue au dialogue social ", dit un bon connaisseur du dossier. Ce qui, à son sens, nécessiterait des discussions à l'échelle de tout le gouvernement. A voir les conditions posées par le Premier ministre, leur marge de manoeuvre semble limitée.

Il y a, malgré tout, "encore beaucoup de choses à discuter", a-t-il affirmé, revenant que les "questions relatives à la reprise de la dette " de la SNCF par l'État, notamment "le montant, le rythme, les modalités ". Ils réclamaient de négocier au niveau de Matignon.

Ils demandent aussi la poursuite, après le 7 mai, de négociations "tripartites" avec le gouvernement et la fédération patronale du secteur, l'union des transports publics et ferroviaires. Edouard Philippe veut faire des "économies " sur la dépense publique. A ses côtés, Erik Meyer, représentant SUD Rail, a dit espérer qu'il ne s'agissait pas d'un "coup de com'".

L'intersyndicale appelle à des rassemblements à Paris et en régions le 3 mai, qui est déjà un jour de grève dans le calendrier, et à "afficher leur soutien dans les chantiers le 7 mai sous toutes les formes possibles", a ajouté Laurent Brun. Edouard Philippe, en voyant une par une les organisations, va sans doute essayer de briser l'unité des syndicats.

Le chef du gouvernement devra "clarifier" une réforme ferroviaire "brouillonne" et "très idéologique", a résumé devant la presse le responsable du premier syndicat de la SNCF, depuis le siège de la CFDT-Cheminots à Saint-Denis.

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