Soirée houleuse à l'Assemblée où Gourault sort de ses gonds contre L

Claudine Rigal
Avril 19, 2018

La projet de loi Asile et immigration provoque des remous à l'Assemblée nationale.

Les députés LR ont lourdement insisté et ça n'a pas vraiment plus à la ministre Jacqueline Gourault mercredi 18 au soir lors d'une séance de questions au gouvernement.

L'incident est survenu après minuit mais couvait depuis le début d'une soirée électrique sur tous les bancs. M. Jacob, vous allez laisser continuer ces méthodes pendant longtemps? Obliger un ministre à répondre? "Ce sont des méthodes autoritaires qui ne sont pas acceptables en démocratie", a-t-elle tonné à l'adresse du président de groupe LR Christian Jacob.

La ministre auprès du ministre de l'Intérieur n'a pas supporté la charge de députés LR et FN. "C'est le gouvernement qui est responsable devant le Parlement, pas l'inverse", a-t-il lancé". "Je regrette que la ministre ait décidé délibérément de ne pas répondre à nos questions ", a ajouté Christian Jacob. "A ce stade je pense qu'il faut effectivement ramener l'Assemblée au calme, madame la ministre également".

La réponse de Jacqueline Gourault a été également jugée "déplacée" par la socialiste Laurence Dumont. Même si un ministre "n'a pas à répondre à des injonctions", estime pour sa part un député de la majorité, il a tout de même reconnu que l'ancienne sénatrice avait été "extrêmement maladroite" face à des élus LR "privés de Collomb".

De son côté, la présidente de la commission des Lois, Yael Braune-Pivet de La République en Marche, a tenté de calmer les esprits en se déplaçant jusque parmi les sièges des Républicains pour leur demander un peu de retenue, mais en vain.

L'éclat de voix est la conclusion d'une soirée particulièrement tendue dans l'hémicycle où 200 députés étaient chauffés à blanc par le projet de loi, et la manière dont sont organisés les débats.

Toute la soirée a été émaillée d'incidents et de rappels au règlement, les différents groupes d'opposition dénonçant le manque de temps des débats qui doivent s'achever dans la nuit de vendredi à samedi alors que les députés n'ont encore débattu que d'une poignée d'amendements sur le millier en discussion. Selon Gérard Collomb, seulement quelques centaines de personnes pourraient finalement être concernées.

Mais élus LR et FN ont dénoncé un "appel d'air " (Ludovic Pajot, FN), l'ouverture "des vannes de l'immigration " depuis des pays "où les fratries peuvent être importantes " (Patrice Verchère, LR).

A ces arguments, majorité et gauche ont défendu, comme Coralie Dubost (LREM), "une avancée humaine et juste". "Une soirée de gaspillée", déplorait une élue LREM.

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