Syrie: de nouvelles frappes occidentales provoqueraient "le chaos" (Poutine à Rohani)

Claudine Rigal
Avril 16, 2018

En répondant à la question sur combien de temps les militaires américains allaient encore rester en Syrie, l'ancien diplomate a indiqué qu'il s'attendait à "tout".

"Nous avons réussi l'opération sur le plan militaire", a-t-il dit. Le président russe Vladimir Poutine, allié indéfectible de la Syrie, a mis en garde hier les États-Unis, la France et le Royaume-Uni: une nouvelle frappe et ce sera " inévitablement le chaos " dans les relations internationales, a-t-il déclaré, cité dans un communiqué du Kremlin diffusé après une conversation téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani, autre grand allié du régime syrien. Les présidents américain Donald Trump et français Emmanuel Macron ont assuré avoir la preuve de l'utilisation d'armes chimiques à Douma. Il a rappelé la volonté française de trouver une solution politique "inclusive" pour sortir de ce conflit vieux de sept ans, laissant comprendre qu'il ne souhaite pas, dans l'immédiat, un départ de Bachar el-Assad.

Après les frappes occidentales, la Russie a obtenu une réunion d'urgence du Conseil de sécurité mais a échoué à faire voter sa résolution condamnant "l'agression" armée contre Damas, son représentant Vassily Nebenzia fustigeant "le néo-colonialisme" des Etats-Unis et de leurs deux alliés.

"Mon objectif, c'est de pouvoir au moins convaincre les Russes et les Turcs de venir autour de cette table de négociation", a-t-il expliqué.

En 2014, l'OIAC avait affirmé que la Syrie s'était débarrassée de son stock d'armes chimiques en vertu d'un accord international, mais une mission conjointe avec l'ONU a conclu que Damas avait utilisé du gaz sarin en 2017 contre le village de Khan Cheikhoun (nord-ouest), en zone rebelle.

L'annonce s'était rapidement révélée prématurée, et depuis les responsables politiques américains évitent soigneusement tout recours à cette formule. La ministre des Armées, Florence Parly, s'est elle aussi réjouie du "succès de la mission" lors d'une conférence de presse après un Conseil de défense: "La capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie". "Nous l'avons convaincu qu'il fallait limiter ces frappes aux armes chimiques alors qu'il y avait un emballement médiatique par voie de tweets", une allusion aux déclarations belliqueuses du président américain, notamment contre les forces russes présentes en Syrie.

Le président de la République a ensuite détaillé le rôle de la France en Syrie. Les deux journalistes, qui ont refusé que l'entretien se tienne, comme il est de coutume, à l'Elysée ("un lieu dont les journalistes sont écartés " selon Mediapart qui pointe un "dispositif anti-démocratique "), ont interrogé le président au Théâtre national de Chaillot à Paris.

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