Autorisation pour la bio-raffinerie de La Mède — Total

Xavier Trudeau
Mai 16, 2018

Le préfet des Bouches-du-Rhône a signé l'autorisation d'exploiter une raffinerie à La Mède, qui va traiter 300 000 tonnes d'huile de palme. Selon un plan de conversion (2015-2022) qui verra les effectifs passer de 430 à 250 salariés, le site a été progressivement transformé pour accueillir un dépôt pétrolier d'une capacité d'1,3 million de m³, une ferme solaire de 8 MW qui a débuté sa production en janvier, et un grand centre de formation aux métiers du raffinage.

"Au-delà de cette obligation, le gouvernement fixe à Total l'objectif de réduire autant que possible l'approvisionnement en huiles végétales brutes, et notamment en huile de palme, afin de consommer des quantités inférieures aux 450.000 tonnes que l'usine est autorisée à utiliser", lit-on également.

" Je ne peux pas leur demander, alors qu'ils ont fait ces efforts et ces investissements, de renoncer", a noté Nicolas Hulot, indiquant que Total avait fait ces transformations à la demande du gouvernement précédent. Pour Arnaud Rousseau, président de la Fop: " Cette décision est incompréhensible. Outre son non-sens écologique, elle est une gifle contre notre secteur. Les agriculteurs ne méritent pas un tel mépris.

En avril, les ONG Greenpeace et les Amis de la Terre, citant un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône, avaient affirmé que le site consommait 550.000 tonnes d'huile de palme par an, faisant bondir de 64% les importations françaises d'une huile dont la production en Malaisie et en Indonésie entraîne une déforestation fragilisant l'écosystème. Il se félicite d'avoir "encadré" l'utilisation d'huile de palme à La Mède alors qu'il n'a en réalité pu imposer aucune contrainte à Total sur l'approvisionnement de son site en huile de palme. Ces systèmes de certification sont toutefois jugés insuffisants par des ONG et des industriels.

Total a dit auparavant vouloir utiliser 60 à 70 % d'huiles végétales, de l'huile de palme mais aussi de colza, de soja ou encore de tournesol, et 30 à 40 % d'huiles alimentaires usagées et d'huiles résiduelles.

" La tendance irréversible de s'affranchir de l'huile de palme et d'éviter la déforestation importée, celle-là on ne reviendra pas en arrière".

Nicolas Hulot apparaît désormais acquis aux agrocarburants produits à partir d'huile de palme, alors que ceux-ci sont responsables de trois fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que les carburants fossiles [1].

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