Berlusconi ouvre la voie à un gouvernement antisystème en Italie

Evrard Martin
Mai 10, 2018

Et mercredi soir, le principal verrou a sauté: Silvio Berlusconi, l'allié que M. Salvini ne voulait pas lâcher mais avec lequel M. Di Maio refusait de parler, a donné son feu vert à un accord dit "jaune-vert" (M5S/Ligue).

L'Italie se cherche depuis neuf semaines une majorité viable, les élections législatives du 4 mars n'ayant produit aucune majorité évidente au Parlement. Pour sortir de l'impasse, le président Sergio Mattarella s'était prononcé lundi en faveur d'un gouvernement "neutre" chargé de gérer le pays jusqu'en décembre, avant de nouvelles élections début 2019.

Le M5S et la Ligue, fermement opposés à cette solution, "ont informé la présidence de la République qu'une discussion était en cours pour parvenir à un possible accord de gouvernement et que cette discussion avait besoin de 24 heures pour être plus poussée", a annoncé le Quirinal, siège de la présidence, dans un communiqué à la mi-journée.

Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, et Matteo Salvini, le patron de la Ligue, se disaient prêts à gouverner ensemble mais les discussions bloquaient sur la place de Silvio Berlusconi, symbole de tous les maux de l'Italie aux yeux de Luigi Di Maio mais précieux allié pour Matteo Salvini.

"Des étapes significatives ont été franchies sur la composition du gouvernement et (la nomination) du président du Conseil", indiquent les deux formations à l'issue d'une réunion entre Salvini et Di Maio.

Dans un communiqué publié mercredi soir, Berlusconi a répété que les élus de son parti Forza Italia (FI) ne voteraient jamais la confiance à un gouvernement du M5S, jugeant que le M5S n'avait "pas la maturité politique pour assumer cette responsabilité".

Mais "si une autre force politique de la coalition de droite veut assumer la responsabilité de former un gouvernement avec les 5 étoiles, nous prendrons acte de ce choix avec respect", a-t-il assuré. Surtout, il a ajouté que cela ne romprait pas l'alliance entre FI et la Ligue, en particulier dans les régions qu'ils dirigent ensemble dans le nord de l'Italie, un point essentiel pour le parti de Matteo Salvini.

Outre l'ambition de leurs jeunes dirigeants, les deux partis ont en commun un rejet des forces politiques traditionnelles et des promesses voisines en matière de retraites, de lutte contre l'immigration ou de moralisation de la vie politique. Les divergences semblent importantes entre la Ligue, formation nationaliste proche du Front national français, qui a fait le plein des voix au Nord sur la promesse de baisses drastiques d'impôts, et le M5S, plus ambivalent sur l'Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté.

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