Décès de Naomi Musenga : plainte déposée contre les hôpitaux universitaires de Strasbourg

Evrard Martin
Mai 13, 2018

"Nous n'avons pas de réponse à ça", a-t-elle déploré se demandant pourquoi les opératrices du Samu et des pompiers qui avaient pris l'appel de sa fille et s'en étaient moquées le 29 décembre "ont fait ça" et n'ont pas répondu à sa détresse.

"Vous allez mourir, certainement, un jour comme tout le monde", lui répond l'opératrice des pompiers.

Accompagné de son épouse et d'une des soeurs de la victime, Mukole Musenga a estimé avoir été "baladé" sur les circonstances de la mort de sa fille, évoquant "un manque d'humanité total". Mais il est trop tard.

Les parents et la soeur de Naomi Musenga ont pris la parole ce jeudi face à la presse pour exprimer leur douleur et leur vision des faits.

"Par appel, il faut compter au moins 2 à 4 minutes pour poser quelques questions et renseigner le dossier informatique". Naomi Musanga avait eu le Samu au téléphone, mais elle a reçu un accueil méprisant et moqueur de la part de l'opératrice.

"Nous réclamons l'ouverture d'une enquête judiciaire et que des peines exemplaires soient appliquées comme vous savez le faire pour des citoyens lambdas", indiquent-ils.

Selon les informations de BFMTV, l'opératrice âgée d'une cinquantaine d'années avait une certaine expérience des urgences médicales puisque avant d'oeuvrer au Samu, il y a quatre ans, elle était ambulancière.

"J'étais effondrée, abasourdie, choquée" après l'écoute de l'enregistrement. SOS Médecins est enfin contacté qui appelle immédiatement le SAMU. Une véritable injustice pour la famille de la jeune femme qui demande aujourd'hui à ce que toute la lumière soit faite au sujet de ce décès tragique.

Interrogé par LCI, le président du Samu-Urgences de France, François Braun, considère que la mauvaise prise en charge de Naomi est "un cas isolé". "Moi c'est vraiment ça que je veux faire passer, lui faire savoir qu'on l'aime vraiment tous, et que ça ne sert à rien d'être dans la haine", précise Martial. Organisée par un collectif, cette manifestation a le soutien de la famille.

L'enquête administrative, confiée à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), doit débuter lundi. "Une réunion à ce sujet se tiendra dans les jours qui viennent au ministère", ajoute Mme Buzyn.

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