Deux ex-agents secrets français soupçonnés de trahison et mis en examen

Pierre Vaugeois
Mai 26, 2018

"Je ne peux pas en dire beaucoup plus ", a déclaré la ministre. Mais selon l'émission " Quotidien ", sur TMC, qui a la première révélé les faits, mais aussi " Le Monde ", les agents incriminés auraient été recrutés par les autorités chinoises.

Deux ex-agents des services secrets français, la DGSE, et l'un des conjoints de ces agents ont été mis en examen en décembre pour intelligence avec une puissance étrangère, ont annoncé jeudi soir des sources judiciaire et gouvernementale françaises. Ces ex-agents français sont soupçonnés d'avoir travaillé pour les autorités chinoises, selon une source proche du dossier.

En détention provisoire depuis décembre, les agents retraités sont poursuivis pour "livraison à une puissance étrangère d'informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation" et "compromission du secret de la Défense nationale", a précisé une source judiciaire à l'AFP.

Interrogé sur l'impact de l'affaire sur les relations avec la Chine, il s'est borné à répondre qu'"avec la Chine, nous sommes deux grandes puissances qui nous connaissons bien" mais sans vouloir confirmer officiellement que les ex-agents avaient trahi au profit de ce pays. L'un d'eux est également mis en examen pour " provocation directe au crime de trahison ". Ils encourent une peine pouvant aller jusqu'à 30 ans de prison. Deux des trois suspects ont été écroués et la troisième personne a été placée sous contrôle judiciaire, a indiqué la source judiciaire. "Ces agissements d'une extrême gravité ont été détectés par ce service qui a porté à sa propre initiative ces faits à la connaissance du procureur de Paris, sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale", ajoute la note du ministère. Même réaction du côté de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, "qui n'en a aucune idée".

En 2011, quelques semaines avant l'inauguration de l'ambassade de France à Pékin, des micros auraient d'ailleurs été découverts par les services du contre-espionnage français. Mais le cas le plus retentissant est sans doute celui d'un ancien comptable de l'ambassade à Pékin, arrêté dans les années 80, après plusieurs années de relation avec un danseur d'opéra chinois, qu'il pensait être une femme.

Les condamnations sont rares au titre de " l'intelligence avec une puissance étrangère ", mais elles s'appliquent aussi bien aux civils qu'aux militaires, en temps de paix ou de guerre.

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