Deux patientes mortes en attendant aux urgences en quelques jours — Tours

Evrard Martin
Mai 18, 2018

Deux femmes de 90 ans se sont rendues aux urgences de Tours alors qu'elles souffraient de pathologies graves et qu'elles se trouvaient en fin de vie. "Les urgences sont confrontées régulièrement à la mort", explique le professeur Dequin.

Si leur santé était précaire, pour la direction de l'hôpital cela n'excuse en rien qu'elles aient ainsi succombé dans de telles conditions, sans même un accompagnement: "Les équipes sont meurtries, choquées, blessées par ces décès indignes", a fait savoir le professeur Dequin, chef des urgences. Ils sont décédés dans une salle d'attente bondée au milieu d'autres patients qui attendaient d'être vus. La première patiente serait restée plus de six heures sur un brancard et la seconde plus de quatre heures , dans une salle d'attente surchargée qui recueillait entre 12 et 15 brancards aux dates des évènements.

Ce sont deux nouveaux cas de patients morts alors qu'ils étaient en attente de soins dont les pouvoirs publics se seraient bien passés en plein scandale sur le Samu et la mort de Naomi Musenga.

Selon France Bleu, citant Pierre-François Dequin, "le fils de la première victime aurait d'ailleurs préféré ne pas transférer sa mère aux urgences, pour lui permettre de partir dignement, dans son Ehpad, au regard de sa pathologie".

Cet événement tragique intervient alors que trois organisations syndicales ont déposé un préavis de grève aux urgences de Tours pour le jeudi 24 mai.

Une soignante du service d'urgence raconte au micro de France Bleu: "Ce qui a choqué le plus l'équipe, c'est que nous n'avons pas eu, en tant que soignants, la possibilité de les accompagner dans leur décès".

Le responsable médical du Pôle Urgences reconnait que" l'engorgement est réel, _mais c'est aussi un problème sociétal très complexe " _ Le nombre de passages aux urgences augmente d'environ 3% par an. On alerte depuis des années sur la dégradation des conditions de travail aux Urgences qui sont saturées. Mais elle précise que des mesures ont été prises pour faire face à cette augmentation. Le professeur Dequin précise que vingt lits d'aval ont été créés et dix-sept lits de gériatrie doivent être créés aux urgences, mais pas avant 2020.

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