Edouard Philippe, un homme sans filtre cathodique

Claudine Rigal
Mai 15, 2018

Suivi depuis plusieurs années dans son ascension par Laurent Cibien, un ami d'enfance devenu journaliste, celui qui deviendra le 15 mai 2017 Premier ministre est cette fois filmé essentiellement durant la primaire de la droite. Une expérience documentaire entamée quand l'actuel premier ministre était encore totalement absent des radars médiatiques et qui a déjà débouché sur un premier doc surprenant: "Edouard, mon pote de droite", tome un d'une fresque au long cours sur le pouvoir dans la France contemporaine, centré sur la conquête de la mairie du Havre en 2014 par le jeune Edouard Philippe, alors encore glabre et dont rien ne permettait de prédire le singulier destin politique.

Il y en est un en revanche qui ne veut pas commenter publiquement la nouvelle fonction et l'action d'Edouard Philippe, c'est pourtant l'un de ses mentors: Antoine Rufenacht, figure politique locale lui avait déconseillé le poste il y a un an. La rumeur enflait de plus en plus, juste après la victoire d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République, le maire du Havre avait d'ailleurs joué au chat et à la souris avec la presse pendant une semaine.

"Franchement je n'y crois pas le début du commencement de la moitié d'une seconde".

Édouard Philippe, en novembre 2016. "Macron, ça m'étonnerait qu'il la gagne [l'élection présidentielle, NDLR]. Macron, il n'a jamais été candidat nulle part, à rien du tout", rappelle-t-il.

À quelques heures du premier tour de l'élection présidentielle, Édouard Philippe revient également sur une campagne "bizarre", marquée par la défaite surprise de son candidat Alain Juppé à la primaire, et son choix de ne plus soutenir François Fillon, plongé dans les affaires. Quant à un rapprochement avec Emmanuel Macron, Édouard Philippe préfère botter en touche.

"Vous voyez bien que chez les gens qui sont plutôt pro-européens, plutôt libéraux, plutôt accrochés à l'idée qu'en France on peut faire un système relativement libéral en gardant un État qui (protège, ndlr), il y a des correspondances assez fortes", décrypte le député et maire (LR) du Havre devant quelques journalistes, en décembre 2015. Comme en décembre 2015 où, observant Manuel Valls à la télévision qu'il juge "marqué" et "cuit", M. Philippe laisse échapper: "Ca doit être dur d'être Premier ministre".

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