La fondation Open Society du milliardaire George Soros quitte le pays — Hongrie

Claudine Rigal
Mai 16, 2018

C'est ce qu'a déclaré son président, Patrick Gaspard, mardi 15 mai, en dénonçant " la politique de répression croissante " orchestrée à l'encontre de ses employés par le gouvernement du souverainiste Viktor Orban.

" Confrontées à un environnement politique et juridique de plus en plus répressif en Hongrie, les Fondations Open Society déplacent leurs opérations internationales et leur personnel de Budapest vers la capitale allemande".

OSF a été fondée en 1984 par le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros, notamment pour promouvoir la démocratie et les valeurs libérales sous le régime communiste.

Les pays de l'ancien bloc soviétique sont devenus, après la transition, le champ d'action privilégié de l'OSF, qui y a déversé des milliards d'euros au profit de réformes de l'économie, de la santé, de la justice et de l'éducation, de la promotion du droit des minorités et de la lutte contre la corruption.

A l'approche des législatives qui se sont déroulées le 8 avril, Viktor Orban, ancien dissident anticommuniste qui a bénéficié d'une bourse de Soros, a tourné sa vindicte contre l'homme d'affaires, qu'il a élevé au rang d'ennemi numéro un du pays. Pour le Premier ministre hongrois, qui vient d'être largement réélu pour un troisième mandat consécutif, George Soros veut inonder la Hongrie et l'Europe d'immigrants et les organisations qu'il finance dans le monde entier, notamment en Europe de l'Est, seraient son bras armé pour atteindre cet objectif.

"Nous ne verserons pas de larmes de crocodile" sur l'annonce du départ d'OSF, a réagi le gouvernement hongrois dans une déclaration à l'AFP. Le groupe a actuellement des dépenses annuelles de plus de 940 millions de dollars et opère dans plus de 100 pays.

A l'été 2017, le visage du financier flanqué d'avertissements à la population a été placardé dans toute la Hongrie et des "questionnaires" contre Soros envoyés à tous les foyers. Depuis 2016, le parti Fidesz de Viktor Orban mène une campagne diffamatoire à l'égard de l'octogénaire et de ses activités philanthropiques, qu'il accuse, à travers des théories complotistes aux relents antisémites, d'encourager la migration massive de populations extraeuropéennes vers le Vieux Continent. Elle compte déménager à Berlin, ville depuis laquelle elle espère pouvoir continuer à soutenir les sociétés civiles d'Europe centrale et orientale.

Toutes ces mesures se sont attirées de sévères critiques des instances de l'Union européenne.

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