Les Européens tentent de sauver l'accord sur le nucléaire

Xavier Trudeau
Mai 12, 2018

Le président français Emmanuel Macron a déclaré mercredi dans une interview diffusée sur la télévision allemande que la décision de Donald Trump de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien était "une erreur ".

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a jugé pour sa part dans un entretien au Parisien que ces sanctions, de portée extraterritoriales, étaient "inacceptables".Plusieurs entreprises européennes ont fait les frais ces dernières années de ce type de condamnations, permettant à Washington de sanctionner des entreprises étrangères travaillant avec des pays sous embargo, à partir du moment où elles commercent aussi avec les Etats-Unis ou utilisent le dollar dans leurs transactions.

Des députés iraniens ont brûlé mercredi matin un drapeau américain en papier et une copie de l'accord sur le nucléaire à la tribune du Parlement, en criant "mort à l'Amérique".

"Nous resterons engagés dans cet accord, assure la chancelière allemande Angela Merkel, et ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour être sûr que l'Iran remplira aussi ses obligations à l'avenir".

"La France invite l'Iran à ouvrir une discussion approfondie sur l'ensemble des questions relatives à la stabilité régionale".

Le président a choisi l'option la plus radicale pour les sanctions: toutes les entreprises, y compris étrangères, déjà présentes en Iran, ont trois à six mois pour en "sortir" avant d'être frappées par les mesures punitives leur barrant l'accès aux marchés américains. Il a cité plus précisément les entreprises des secteurs de la banque, du pétrole et du gaz ainsi que des transports, selon l'Élysée.

Avec "tous nos alliés européens, nous discutons collectivement avec les Etats-Unis pour obtenir (.) des règles différentes" concernant les entreprises européennes en Iran, mais "il faut que nous travaillions entre Européens à la défense de notre souveraineté économique", a déclaré sur Europe 1, le ministre, qui doit recevoir dans la journée son homologue néerlandais.

Paris prévoit donc des discussions " dures " avec Washington.

Après Pékin puis Moscou, le ministre iranien des Affaires étrangères se rendra à Bruxelles mardi prochain où se tiendra une réunion sur l'accord nucléaire. C'est une option. Notons quand même le paradoxe de voir Trump renier un engagement pris avec l'Iran tandis qu'il œuvre en Asie pour mettre un terme au programme nucléaire de la Corée du Nord. "Nous croyons à la robustesse de l'accord nucléaire et au contrôle international de l'Agence internationale de l'énergie atomique" (AIEA), a affirmé l'Elysée.

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