Morts à Gaza: l'Afrique du Sud rappelle son ambassadeur en Israël

Claudine Rigal
Mai 16, 2018

Partout dans la bande de Gaza, les habitants enterrent ceux tués la veille lors des affrontements avec les soldats israéliens à la frontière.

Le Washington Post joue ainsi la provocation pour qualifier la situation : " Rien ne fait autant pour le processus de paix que la mort de 58 Palestiniens, sans oublier 2 700 blessés, auxquels il faut ajouter les tensions renouvelées entre l'Iran et Israël, le risque d'embrasement de la région.

Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont fustigé un recours "injustifié" aux tirs à balles réelles.

Le Hamas a aussi publié une photo montrant 10 personnes tuées à la frontière de la bande de Gaza lorsqu'elles ont tenté de franchir la barrière frontalière pour pénétrer le territoire israélien.

Saluée comme "historique" par Israël, elle est largement perçue comme un acte de défi envers la communauté internationale dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale.

Caen et Morlaix ont été le siège de rassemblements d'une centaine et d'une cinquantaine de personnes respectivement.

D'autres Etats du continent tels le Bénin, le Cameroun, la Guinée Equatoriale, le Lesotho, le Malawi, le Rwanda, le Soudan du Sud et l'Ouganda s'étaient rangés, eux, malgré leur proximité avec Israël, dans le camp des abstentionnistes, provocant la colère de l'administration américaine.

Les manifestants protestaient contre le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem et commémoraient le 70ème anniversaire de la "Nakba" palestinienne. "Je condamne ce drame humanitaire, ce génocide, d'où qu'il vienne, d'Israël ou d'Amérique ". Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré: "Nous maudissons le massacre perpétré par les forces de sécurité israéliennes, encouragées par cette mesure, contre les Palestiniens participant à des manifestations pacifiques ". Mais l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem a enflammé les passions.

Les adversaires d'Israël et des organisations de défense des droits de l'Homme ont de nouveau condamné l'Etat hébreu pour usage disproportionné de la force. Il faut enrayer la spirale guerrière. La propre fille de Donald Trump, Ivanka, et son mari Jared Kushner -missionné par le président américain en tant que médiateur du conflit qui ensanglante le Proche-Orient depuis des décennies- étaient présents. Se murer dans le silence pour ne pas s'opposer aux violences?

Les Etats-Unis, alliés d'Israël, ont accusé le Hamas de "provoquer intentionnellement et cyniquement" la réaction israélienne. Et de rajouter que "cela fait des semaines que le gouvernement israélien essaie de gérer cela sans violence ".

Bain de sang contre bain de foule.

Ce mardi 15 mai marquait le jour de la Nakba pour les Palestiniens, soit la "catastrophe" en français. Depuis le 30 mars et le début de la marche du "grand retour ", 113 Palestiniens ont trouvé la mort tandis qu'un seul soldat israélien a été blessé.

"Il (le peuple palestinien) est aussi désespéré par ses propres dirigeants qui sont incapables de procurer à leur peuple un bien être" et "acculé parce que les États arabes les ont laissé tomber", a également critiqué M. Retailleau, ajoutant que "le Hamas serait bien inspiré de ne pas mettre comme boucliers humains des enfants".

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