Un million de fumeurs en moins — France

Evrard Martin
Mai 31, 2018

Si la nouvelle est bonne, l'analyse de ses causes et quelque peu biaisée. Pour se faire une idée de l'impact financier de la baisse d'un million du nombre de fumeurs, il faut se livrer à quelques calculs simples, en extrapolant les chiffres de Santé publique France sur la tranche d'âge 18-75 ans.

Chaque année, ils consument environ 5.700 milliards de cigarettes et jettent près d'un million de tonnes de mégots, d'après The Tobacco Atlas, initiative anti-tabac liée à l'American Cancer Society.

En 2015, la planète comptait 933 millions de fumeurs quotidiens (768 millions d'hommes et 165 millions de femmes), selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet qui note une baisse du pourcentage de fumeurs dans la population mondiale depuis 1990. Le ministère de la santé souhaite passer le prix du paquet de cigarettes à 10€ d'ici 2020!

Cigarettes: La hausse du prix du paquet efficace?

Environ 80% du prix est composé de taxes diverses versées à l'État, soit 6,40 euros. A seulement 17 ans, 65% des garçons et 52% des jeunes filles avouent avoir déjà fumé une cigarette.

Un euro de plus qui rapporte beaucoup. 60% d'entre eux sont considérés comme des "gros fumeurs", autrement dit plus de 10 cigarettes par jour. Une autre mesure spectaculaire de lutte contre le tabagisme était entrée en vigueur sous le précédent gouvernement: "le paquet neutre (même couleur olivâtre pour toutes les marques, photos choc et avertissements en lettres capitales)".

Le tabagisme quotidien diminue fortement chez les fumeurs les plus défavorisés, passant de 39 % en 2016 à 34 % en 2017 parmi les personnes à bas revenus et de 50 % à 44 % parmi les personnes au chômage.

"En cohérence avec le Plan priorité prévention présenté le 26 mars dernier, le nouveau programme national de lutte contre le tabac 2018-2022, qui sera lancé dans les prochains jours en association avec le ministère de l'Action et des Comptes publics, visera à diminuer drastiquement le nombre de fumeurs et à construire une 'génération sans tabac' " a assuré Agnès Buzyn. En plus des dépenses de soins, l'auteur de l'étude, le professeur d'économie Pierre Kop, a calculé le "coût d'une année de vie", comme il l'explique à La Croix, en incluant différents critères comme la production d'un individu, la qualité de vie, etc. Résultat: "le coût d'une année de vie (perdue) est de 115.000 euros". Pour l'État, cela représente un manque à gagner de 2,3 millions d'euros en travail, consommation, impôts...

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