Un ordinateur meilleur que les dermatologues pour repérer les cancers

Evrard Martin
Mai 31, 2018

Des chercheurs ont récemment découvert qu'une intelligence artificielle s'était révélée plus efficace que des dermatologues pour détecter des cancers de la peau. Sur une série de 100 000 photos, la machine, entraînée par une équipe germano-franco-américaine, a été capable de distinguer avec précision des grains de beauté et des lésions de la peau en fonction de leur gravité et des risques qu'ils présentaient.

Les données rapportées par l'ordinateur ont ensuite été comparées avec celles de 58 médecins spécialistes originaires de 17 pays. En moyenne, les dermatologues humains ont détecté avec précision 86,6 % des cancers de la peau à partir des images comparativement à 95 % pour la machine. Selon les chercheurs, qui se sont exprimés dans la revue spécialisée Annals of Oncology, "la plupart des dermatologues ont fait moins bien".

Pour les chercheurs, la question n'est pas de se passer des médecins au profit de l'intelligence artificielle, mais de faire d'elle "un outil supplémentaire". 95 des 100 cas ont été diagnostiqués avec succès par l'ordinateur au premier coup "d'oeil", alors que pour les dermatologues le résultat est de 87 %. Sur des images au plan plus gros, couplées à des renseignements plus explicites (âge et sexe du patient, position de la lésion cutanée), les chercheurs atteignaient un taux de 89 % de réussite.

L'ordinateur non seulement 'a manqué moins de mélanomes', mais a aussi 'fait moins d'erreurs de diagnostic consistant à voir des mélanomes dans des grains de beauté bénins', ce qui 'aboutirait à moins d'opérations inutiles', a souligné dans un communiqué le professeur de médecine Holger Hänssle, de l'université d'Heidelberg (Allemagne).

En commentaire de l'étude, les professeurs Victoria Mar et Peter Soyer ont également indiqué qu' "aujourd'hui rien ne remplace un examen clinique approfondi". L'intelligence artificielle serait ici moins utile que les médecins pour reconnaître des lésions " atypiques " dont même les patients ne sont pas forcément toujours au courant.

Les chercheurs ont aussi noté que l'ordinateur limitait le nombre d'erreurs de diagnostic inverses, à savoir le cas où un grain de beauté bénin est confondu avec un mélanome, entraînant alors un geste chirurgical inutile.

D'après le Centre international de recherche sur le cancer, agence de l'Organisation mondiale de la santé, chaque année 232.000 cas de mélanome malin sont déclarés, et 55.000 personnes en meurent.

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