10 personnes interpellées pour un projet d’attentat contre des musulmans — France

Claudine Rigal
Juin 25, 2018

Dix personnes liées à l'ultradroite radicale ont été interpellées dans la nuit de samedi 23 à dimanche 24 juin dans toute la France par les services antiterroristes, a appris Le Monde de source judiciaire, confirmant des informations parues dans la presse.

Parmi les dix arrestations, deux se sont déroulées en Corse, notamment à Ajaccio, a précisé la même source. Actifs depuis plusieurs mois, ils étaient surveillés depuis plusieurs semaines après avoir commencé à effectuer des repérages autour de mosquées et établi une liste d'imams à cibler, a indiqué à France 2 une source proche de l'enquête.

Ces suspects gravitaient autour d'un mystérieux groupuscule lié à l'ultradroite baptisé "AFO " (Action des Forces Opérationnelles) et dirigé par Guy S., a précisé une des sources. L'enquête devra déterminer le degré d'avancement et de maturité du projet. Comme le prévoient les textes en matière de lutte antiterroriste, leurs gardes à vue peuvent durer jusqu'à 96 heures.

Un projet d'action violente encore mal défini.

Les échanges interceptés par la DGSI montrent que ces suspects voulaient se procurer des armes.

Les investigations ont montré que les membres présumés du réseau "s'étaient organisés et structurés pour confectionner et acquérir des armes", selon l'une des sources.

Ces interpellations ont été menées par des policiers de la DGSI sur commission rogatoire d'un juge antiterroriste, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 14 juin pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Il s'agit d'un rare dossier judiciaire impliquant la mouvance de l'ultradroite au sein du pôle antiterroriste de Paris qui a connu depuis 2015 un important contentieux lié à la menace terroriste jihadiste. Arrêté en juin 2017, il avait reconnu avoir fondé l'"OAS", un groupe reprenant le nom de l'organisation responsable d'une campagne sanglante contre l'indépendance de l'Algérie dans les années 1960. Avec pour mot d'ordre: "Enclencher une re-migration basée sur la terreur". L'entreprise avait tourné court, faute d'en avoir "les capacités", selon l'enquête.

Toutefois, leurs "capacités opérationnelles apparaissent (.) limitées" compte tenu de leurs actions en "ordre dispersé", écrivent les services de renseignements.

Cet état des lieux fait écho aux propos tenus en 2016 par Patrick Calvar, alors patron du renseignement intérieur, qui avait marqué sa préoccupation d'une dérive vers "une confrontation entre l'ultradroite et le monde musulman, pas les islamistes mais bien le monde musulman ". Franceinfo résume ce que l'on sait de cette affaire.

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