30 000 enfants atteints de troubles mentaux et du comportement — Dépakine

Evrard Martin
Juin 24, 2018

Aujourd'hui, ces médicaments ne doivent pas être prescrits chez les filles, les adolescentes, les femmes en âge de procréer et les femmes enceintes. Cette estimation sur ces troubles neuro-développementaux (autistiques, retards mentaux, difficultés ou retards de langage.), contestée par Sanofi, figure à la fin d'une étude de l'ANSM et de l'Assurance maladie-Cnam. L'étude qui vient d'être dévoilée révèle que les enfants exposés au valproate prescrit à leur mère épileptique pendant la grossesse ont quatre à cinq fois plus de risques que les autres d'être atteints de troubles neuro-développementaux précoces (avant l'âge de six ans).

L'étude proprement dite ne porte que sur le risque accru causé par le valproate, et non sur l'estimation du nombre d'enfants touchés en France.

Jusque là, ces deux organismes n'avaient communiqué que sur les malformations congénitales graves provoquées par la Dépakine et ses dérivés, en estimant qu'entre 2150 et 4100 enfants en avaient été victimes.

Pour parvenir à l'estimation du nombre d'enfants touchés, les auteurs se sont basés sur un pourcentage de risque de 30% à 40%, déjà établi par de précédentes études. Toutes les demandes de soins en orthophonie, orthoptie ou psychiatrie, ainsi que tous les diagnostics effectués lors d'une hospitalisation pour troubles envahissants du développement, retard mental, troubles du développement ont été relevés jusqu'au 31 décembre 2016 chez 1,7 million d'enfants nés entre le 1 janvier 2011 et le 31 décembre 2014, dont 8 848 qui avaient été exposésin utero à différents traitements antiépileptiques (dont 991 à l'acide valproïque).

L'épidémiologiste Catherine Hill était arrivée à un total possible de 14 000 enfants, un des chiffres retenus par l'association de victimes Apesac. Selon cette association, le bilan pouvait même aller jusqu'à 30.000. Toutefois, les chiffres de malformations déjà connus et ceux des troubles mentaux et du comportement dévoilés vendredi ne peuvent être additionnés, car certains enfants peuvent cumuler plusieurs handicaps, avertit l'ANSM. La responsable condamne d'attitude de Sanofi qui continue de nier sa responsabilité. "De son côté, Sanofi " conteste fermement les estimations mentionnées " qui, selon lui, " vont ajouter de la confusion auprès des patients et des professionnels de santé ".

Pour indemniser ces victimes, l'Etat aurait prévu un fonds d'indemnisation géré par l'Oniam de 424,2 millions d'euros sur 6 ans, partant du principe que le nombre de victimes seraient d'environ 10 000 et que les indemnisations oscilleraient entre 20 000 euros pur des dysmorphie et 400 000 euros pour des cas d'autisme.

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