Alzheimer : "Les médicaments pouvaient représenter un danger", estime un médecin

Evrard Martin
Juin 3, 2018

A partir du 1 août, les médicaments contre la maladie d'Alzheimer ne seront plus du tout remboursés.

Selon cet arrêté du ministère de la Santé publié vendredi au Journal officiel, la mesure concerne les quatre médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) qui traitent les symptômes d'Alzheimer, ainsi que leurs génériques.

Cette décision qui n'est pas justifiée par des motifs financiers va néanmoins permettre d'économiser plus de 90 millions d'euros par an (le montant des remboursements de traitements en 2015). Agnès Buzyn avait annoncé, lundi, sa décision, suivant l'avis de la Haute autorité de santé, qu'elle dirigeait avant son entrée au gouvernement. "C'était difficile de le repérer parce que les patients sont âgés, mais la Haute Autorité de Santé nous dit que les médicaments pouvaient représenter un danger pour les patients", souligne Jacques Battistoni. Ils sont peu efficaces - d'où déjà une prise en charge réduite par la Sécurité sociale au taux de 15 % -, et leurs effets indésirables sont non négligeables: troubles digestifs, cardiovasculaires et neuropsychiatriques pouvant être graves. Protocole qui a été dévoilé le 25 mai par la HAS, via un guide et des fiches pratiques sur la prise en charge des patients souffrant d'Alzheimer et de maladies apparentées. "Une décision infondée et dangereuse Dès lundi, France Alzheimer avait jugé cette décision " infondée et dangereuse ". "C'est une décision purement médicale".

Ces médicaments bien plus dangereux qu'utiles menacent la santé des personnes âgées atteintes de cette pathologie. "Il n'y aura aucune économie faite sur le dos des malades", a-t-elle certifié.

La maladie d'Alzheimer, qui se traduit par une dégénérescence du cerveau et des pertes de mémoire, touche, avec d'autres démences, entre 850.000 et 1,2 million de personnes en France, selon les chiffres officiels.

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