Aquarius : obligation de se détourner vers l'Espagne

Claudine Rigal
Juin 13, 2018

Les 630 migrants, bloqués depuis dimanche au large des côtes maltaises à bord de l'Aquarius, ont entamé mardi soir leur longue traversée vers l'Espagne a annoncé sur Twitter l'ONG SOS Méditerranée. L'Espagne avait proposé lundi d'accueillir le navire mais les dirigeants de l'ONG SOS Méditerranée jugeaient que les conditions de sécurité n'étaient pas réunies pour le mener jusqu'à l'Espagne.

Un coup très tactique de la part de Gilles Simeoni, leader autonomiste de l'île.

Invité sur CNews mardi matin, Le député des Alpes Maritimes Eric Ciotti (Les Républicains) a exclu un accueil de l'Aquarius à Nice et plus globalement en France. Au-delà du secours des "personnes en détresse", les dirigeants corses se placent comme indépendants du pouvoir central... et ne prennent pas beaucoup de risque, puisqu'ils ont déjà affirmé qu'ils feraient jouer le mécanisme de solidarité régionale qui oblige les autres régions à prendre leur "part" de migrants.

Après s'être félicité de l'issue de ce bras de fer entre l'Italie et Malte, qui refusait elle aussi d'ouvrir ses ports, M. Salvini a prévenu que les navires des ONG venant en aide aux migrants au large de la Libye seraient confrontés à la même situation.

"Le président du gouvernement Pedro Sanchez a donné des instructions pour que l'Espagne honore les engagements internationaux en matière de crise humanitaire et a annoncé qu'elle accueillerait dans un port espagnol le navire Aquarius dans lequel se trouvent plus de 600 personnes abandonnées à leur sort en Méditerranée", indique un communiqué de la présidence du gouvernement.

Emmanuel Macron avait accusé le gouvernement italien de "cynisme" et d'"irresponsabilité" après le refus par ce dernier d'accueillir un bateau de migrants secourus en mer. "Avec 629 personnes à bord et une météo qui se détériore, la situation risquerait de devenir critique". Le nouveau ministre italien de l'Intérieur, le patron de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini, avait fait campagne avant les législatives sur le thème de la fermeture des frontières aux migrants.

"Sauver des vies est un devoir, transformer l'Italie en un énorme camp de réfugiés, non".

Cette fermeté ne concerne pour l'instant que les ONG, dont aucune n'est italienne, avait remarqué lundi M. Salvini.

L'Italie, qui a vu débarquer sur ses côtes quelque 700 000 migrants depuis 2013, a le sentiment depuis le début de la crise migratoire d'être abandonnée par ses partenaires de l'Union européenne.

"Je sais bien qu'il y a des difficultés face à la gestion de l'arrivée de migrants, je comprends que les autorités étatiques aient besoin de réfléchir au plan juridique mais quelquefois il faut faire passer la réflexion sur le droit au deuxième plan par rapport aux urgences humanitaires", a-t-il ajouté.

Le premier ministre maltais Joseph Muscat s'en est entretenu au téléphone avec le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte. Au-delà de la proposition des autorités corses, la France n'avait officiellement pas pris position dans cette polémique.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a demandé mercredi à Rome de revenir sur sa décision en raison de la distance qui sépare le bateau des côtes espagnoles.

"Que dit le droit international?".

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