Bemba en Belgique avec un visa de 90 jours — RDC

Claudine Rigal
Juin 17, 2018

Une semaine après son acquittement surprise, la Cour pénale internationale (CPI) avait annoncé vendredi soir dans un communiqué la mise "en liberté provisoire" de M. Bemba "sous conditions spécifiques sur le territoire du Royaume de Belgique", après une décennie passée dans le centre de détention de la CPI à La Haye.

"La décision a été communiquée à la Cour et les démarches pratiques seront entreprises à cet effet dans les jours à venir", a-t-il ajouté.

Le Congolais est désormais à Rhode-Saint-Genèse, commune verdoyante cossue située à 15 km au sud de Bruxelles, où, selon des sources concordantes, vivent sa femme et ses cinq enfants. Il s'agissait alors de la peine la plus lourde jamais prononcée par cette juridiction pour les meurtres, les viols et les pillages commis par sa milice en Centrafrique entre 2002 et 2003.

Au final, la Belgique a octroyé un visa l'autorisant Bemba à rester dans un premier temps jusqu'à 90 jours sur son sol.

Selon une source proche du dossier, M. Bemba avait quitté mercredi le centre de détention de la CPI mais restait alors sous la surveillance de la Cour en attendant le feu vert des autorités belges à une demande de séjour. Et alors que des rumeurs courent sur les réseaux concernant une nationalité belge ou portugaise qu'il détiendrait, la CPI a dû faire une demande spéciale auprès des autorités belges pour un titre temporaire de séjour. Les autorités néerlandaises souhaitaient que le Congolais ne soit pas "lâché dans la nature" aux Pays-Bas, avait-il précisé.

En République démocratique du Congo, où certains estiment que le président Kabila a des visées sur les prochaines élections présidentielles, la libération de Jean-Pierre Bemba n'est pas forcément une bonne nouvelle pour le pouvoir en place.

"Il est chez lui", a assuré dans la nuit à l'AFP Jean-Jacques Mbungani, un responsable du parti politique de M. Bemba établi à Bruxelles. Ce dernier est arrivé au terme de son deuxième et dernier mandat en décembre 2016.

Les juges étudient actuellement la condamnation de M. Bemba en mars 2017 dans cette affaire annexe à un an de prison et 300.000 euros d'amende.

Adversaire de M. Kabila à l'élection présidentielle de 2006, Jean-Pierre Bemba va de l'avis général rejouer un rôle sur la scène politique congolaise, au moment où l'opposition affirme se chercher un candidat unique.

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