Brexit. Theresa May essuie un nouveau camouflet devant les Lords

Claudine Rigal
Juin 21, 2018

Les annonces de Theresa May interviennent alors qu'une semaine chaotique s'annonce pour la Première ministre, confrontée à des députés conservateurs rebelles qui pourraient la défier lors de l'examen du projet de loi sur le Brexit, qui revient mercredi devant la Chambre des communes.

La sortie de l'UE est prévue en mars prochain et le gouvernement britannique doit d'ici là boucler de délicates négociations avec l'Union européenne sur ses conditions, avec un Parlement qui veut avoir son mot à dire sur l'accord final.

La chambre des Lords a infligé lundi une nouvelle défaite à la première ministre britannique Theresa May en adoptant à une large majorité un amendement offrant au Parlement un droit de veto sur l'accord final de Brexit, en cours de négociation entre Londres et Bruxelles.

Mais l'amendement de compromis proposé par le gouvernement après ce vote a provoqué la colère des députés europhiles.

LONDRES, 19 juin (Reuters) - Le député britannique Dominic Grieve, chef de file des parlementaires pro-Union européenne au sein du Parti conservateur, a affirmé mardi matin qu'il n'avait aucunement l'intention de faire tomber le gouvernement de Theresa May.

Anticipant un débat animé devant les Communes, le député conservateur Phillip Lee a dit sur la BBC s'attendre à des manœuvres "machiavéliques" de la part des eurosceptiques alors que, selon le Times, le gouvernement tenterait de s'assurer du soutien de membres de l'opposition travailliste.

Dimanche, Mme May lui avait rétorqué qu'elle avait entendu les préoccupations du parlement, mais qu'il ne pouvait pas prétendre "lier les mains du gouvernement dans les négociations" ni "contrer la volonté du peuple britannique, de quitter l'UE".

Des propos allant dans le sens des conservateurs partisans d'une rupture franche avec l'UE, qui accusent les europhiles de vouloir dicter la marche à suivre et de chercher, in fine, à s'opposer au processus du Brexit ou à le diluer.

Pour convaincre des bienfaits du Brexit, Theresa May a confirmé lundi une hausse du budget du service public de santé, le NHS, financée en partie grâce aux économies qu'elle compte réaliser avec la sortie du Royaume-Uni de l'UE: ce budget augmentera de 20 milliards de livres (23 milliards d'euros) par an jusqu'en 2023-2024.

Apporter plus d'argent au NHS grâce à l'argent économisé en sortant de l'Union européenne était l'un des arguments des pro Brexit, dont l'actuel ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, lors de la campagne du référendum de juin 2016.

Celui-ci a récemment estimé que Londres manquait de "courage" dans les négociations avec Bruxelles et que Donald Trump ferait mieux. Le ministre a également qualifié Bruxelles "d'ennemi" à "combattre".

M. Barnier continue de demander plus de "réalisme" au Royaume-Uni, avec lequel les négociations sur sa sortie de l'UE piétinent, alors qu'il reste peu de temps.

La question irlandaise - le Brexit menaçant de recréer une frontière entre le nord rattaché au Royaume-Uni et le sud membre de l'UE - est notamment loin d'être réglée, les récentes propositions de Londres n'ayant pas convaincu Bruxelles.

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